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	<title>The Rover &#187; Mélanie Grondin</title>
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	<description>Montreal Arts Uncovered</description>
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		<title>« Everything under the sun is in tune&#8230; »</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 04:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Andrée Lachapelle]]></category>
		<category><![CDATA[Ansie St-Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Joyce Carol Oates]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Propero]]></category>
		<category><![CDATA[Troupe de la Veillée]]></category>

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		<description><![CDATA[De manière on ne peut plus opportune, le Groupe de la Veillée présente une pièce de celle que l&#8217;on nomme « la grande dame de la littérature américaine », c&#8217;est-à-dire Joyce Carol Oates, quelques petits jours après que celle-ci eut remporté le Grand Prix littéraire international Metropolis bleu. Muriel Washburn (Andrée Lachapelle) est une femme brillante née [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/04/%c2%ab-everything-under-the-sun-is-in-tune-%c2%bb/" title="Permanent link to « Everything under the sun is in tune&#8230; »"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/04/LÉCLIPSE-5.jpg" width="3193" height="2247" alt="Post image for « Everything under the sun is in tune&#8230; »" /></a>
</p><p>De manière on ne peut plus opportune, le Groupe de la Veillée présente une pièce de celle que l&#8217;on nomme « la grande dame de la littérature américaine », c&#8217;est-à-dire <a href="http://roverarts.com/2012/04/hanging-on-every-word/">Joyce Carol Oates</a>, quelques petits jours après que celle-ci eut remporté le Grand Prix littéraire international Metropolis bleu.<span id="more-12964"></span></p>
<p>Muriel Washburn (Andrée Lachapelle) est une femme brillante née trop tôt. Incapable d&#8217;entrer à l&#8217;université en astrophysique dans les années 1930, elle devient professeure de sciences au secondaire. Féministe et mère célibataire, Muriel, qui s&#8217;est battue toute sa vie, continue de se battre contre son esprit qui divague après un traumatisme. Sa fille Stéphanie (Ansie St-Martin), elle aussi féministe et professeure d&#8217;université, demeure avec elle pour en prendre soin. Déchirée par le choix qu&#8217;elle doit faire entre sa carrière (ce qui lui forcerait de laisser Muriel) et sa mère, Stéphanie observe avec frustration et tristesse les excentricités de sa mère, lesquelles croissent et diminuent comme le cycle lunaire, comme une éclipse.</p>
<p><em>L&#8217;Éclipse</em>, traduite Maryse Warda, est une pièce en apparence simple, mais ô combien complexe. Empreinte de référence aux astres et aux phénomènes célestes, la pièce fait vite comprendre aux spectateurs que la différence entre la réalité et l&#8217;illusion est floue. En effet, les étoiles filantes ne sont-elles pas en réalité des fragments de comète, et les étoiles ne scintillent pas à cause de turbulences atmosphériques tout simplement? Le vrai et l&#8217;imaginaire, tant pour la fille que la mère, entrent en collision tout le long de cette courte pièce pour finir sans résolution définitive. C&#8217;est au spectateur d&#8217;interpréter la fin étonnante.</p>
<p>Les deux actrices principales jouent une mère et une fille crédibles et engageantes. L&#8217;accablement et la déstabilisation des personnages sont faciles à sentir. L&#8217;infirmière (Aileen Stanley) quant à elle était quelque peu faite de carton et semblait se souvenir de ses répliques à la dernière minute.</p>
<p>De plus, dans une pièce où le silence règne, la musique est très importante et le piano joué pendant de brefs moments est saisissant. Mais ce qui saisit encore plus est l&#8217;arrêt très sec de ladite musique (parfois en plein milieu d&#8217;une note) lorsque l&#8217;actrice est prête à prendre la parole. Peut-être manquait-il un peu de « timing » à ce niveau.</p>
<p>Les décors permettent très bien de sentir l&#8217;atmosphère exiguë de l&#8217;appartement où mère et fille vivent. Les fenêtres sont particulièrement efficaces pour représenter le climat d&#8217;incertitude de la mère, car le spectateur voit, avec quelque peu d&#8217;anxiété, les gens arriver à la porte avant que Muriel, extrêmement paranoïaque, n&#8217;entende cogner.</p>
<p>Mise en scène par Carmen Jolin, <em>L&#8217;Éclipse</em> est un petit bijou qui fait réfléchir.</p>
<p><em>L&#8217;Éclipe joue au <a href="http://www.theatreprospero.com/spectacle/leclipse/">Théâtre Propsero</a> jusqu&#8217;au 19 mai</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Art mineur</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 11:36:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Ashington Group]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Bilodeau]]></category>
		<category><![CDATA[Gabriel Sabourin]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Hall]]></category>
		<category><![CDATA[Normand D'Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>

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		<description><![CDATA[Que ce soit un urinoir signé ou des boîtes de conserve pleines de merde, presque tout peut être qualifié d&#8217;« art » de nos jours. Surtout si cet art est créé par un artiste reconnu ou qu&#8217;il est exposé dans un musée. En fait la question « qu&#8217;est-ce que l&#8217;art? » se pose-t-elle encore vraiment? La question ne serait-elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/04/art-mineur/" title="Permanent link to Art mineur"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/04/peintres.jpg" width="2976" height="1968" alt="Post image for Art mineur" /></a>
</p><p>Que ce soit un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fountain_(Duchamp)">urinoir signé</a> ou des <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Artist's_shit">boîtes de conserve pleines de merde</a>, presque tout peut être qualifié d&#8217;« art » de nos jours. Surtout si cet art est créé par un artiste reconnu ou qu&#8217;il est exposé dans un musée. En fait la question « qu&#8217;est-ce que l&#8217;art? » se pose-t-elle encore vraiment? La question ne serait-elle pas plutôt « Parmi tout cet &#8220;art&#8221; qu&#8217;est-ce qui est bon? ». C&#8217;est ce que la dernière pièce de la saison au Théâtre Jean-Duceppe, <em>Les Peintres de charbon</em>, tente de répondre.<span id="more-12656"></span></p>
<p>Pendant la grande dépression, la Workers&#8217; Education Association engagent un professeur d&#8217;art de Newcastle, Robert Lyon (Gabriel Sabourin), pour enseigner l&#8217;appréciation de l&#8217;art un groupe de mineurs d&#8217;Ashington (Marc Beaupré, Emmanuel Bilodeau, Normand D&#8217;Amour, Denis Houle, Serge Thibodeau). Les cours magistraux n&#8217;ont pas énormément de succès, car tout ce que les mineurs veulent savoir, dans le fond, c&#8217;est ce qui est bon. Ils veulent que Lyon leur dise tout simplement ce qu&#8217;ils doivent aimer. Après leur avoir expliqué que l&#8217;art n&#8217;est pas « bon » ou « pas bon », mais qu&#8217;il est dépendant d&#8217;une interaction entre l&#8217;objet et l&#8217;observateur (ou quelque chose comme ça), il leur demande de peindre à leur tour. Petit à petit, les mineurs peignent, se critiquent entre eux, vendent une pièce, se font approcher par une mécène (Marie Michaud), forment un groupe, vont à la guerre, font nationaliser les mines et exposent leurs œuvres dans un musée.</p>
<p>Tout le long de la pièce, ils ne se privent pas pour dire que telle ou telle œuvre est « de la marde », même les pièces de Ben Nicholson qu&#8217;ils n&#8217;apprécient pas du tout (quoiqu&#8217;Oliver Kilbourn, joué par Emmanuel Bilodeau, en défend une très bien). Au fond, on s&#8217;en rend vite compte, ce qui est « bon » ou non est entièrement objectif. Même leur art naïf, affiché sur les écrans formant le décor, pourrait être sujet à discussion. Ce qu&#8217;ils manquent en technique, ils l&#8217;ont en passion et c&#8217;est ce dont leur professeur tire profit pendant le bref engouement pour leur art : l&#8217;art est universel, explique-t-il. L&#8217;art n&#8217;est pas limité à la haute société. Tout le monde, si on leur donne un pinceau, peut être artiste. Même si c&#8217;est de la « marde ».</p>
<p>La pièce commence en lion avec une prémisse intéressante et un texte de Lee Hall engageant. La traduction de Monique Duceppe est sans faille et l&#8217;accent « Geordie » de la région de Newcastle se rend très bien en québécois. La dichotomie entre l’accent huppé de Helen Sutherland (Marie Michaud) et celui des mineurs est conservée tout le long de la pièce, même si, par moment, on s&#8217;attend à ce que les mineurs soient tentés de « s&#8217;améliorer ». Mais non, malgré leur succès, et une offre de Mme Sutherland à Oliver Kilbourn de le payer pour qu&#8217;il soit artiste à temps plein, les mineurs demeurent fidèles à eux-mêmes et descendent tous les jours dans les mines, le sujet principal de leurs œuvres. Même les moments plus sérieux se terminent toujours par quelque connerie d&#8217;un des mineurs.</p>
<p>Plus la pièce avance, par contre, et plus elle perd d&#8217;énergie. Les longues discussions didactiques portant sur ce qu&#8217;est l&#8217;art et ce qui est bon sont beaucoup moins intéressantes que les scènes plus « pratiques » démontrant l&#8217;évolution des mineurs, leur art et leur vie. Il n&#8217;est pas surprenant que les cours magistraux de Lyon n&#8217;aient pas eu autant de succès que les cours pratiques.</p>
<p>Basée sur des faits réels, <em>Les Peintres du charbon</em> crée une discussion post-représentation intéressante sur l&#8217;art, mais elle aurait gagné à promouvoir cette discussion sans tomber dans la didactique.</p>
<p><em>Les Peintres de charbon joue au <a href="http://duceppe.com/">Théâtre Jean-Duceppe </a>jusqu&#8217;au 12 mai.</em></p>
<p><em>Photo : François Brunelle</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Noir mécanique</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Mar 2012 04:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Renaud]]></category>
		<category><![CDATA[King Lear]]></category>
		<category><![CDATA[Le roi Lear]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>
		<category><![CDATA[William Shakespeare]]></category>

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		<description><![CDATA[Dernièrement, une copine et moi parlions des avantages de discuter du testament parental en famille afin que tout le mode sache à quoi s&#8217;attendre et qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de mauvaises surprises à la mort desdits parents. Visiblement, ni elle ni moi n&#8217;avions vu l&#8217;une des tragédies les plus connues de l&#8217;incontournable William Shakespeare : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/03/noir-mecanique/" title="Permanent link to Noir mécanique"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/03/Lear.gif" width="275" height="360" alt="Post image for Noir mécanique" /></a>
</p><p>Dernièrement, une copine et moi parlions des avantages de discuter du testament parental en famille afin que tout le mode sache à quoi s&#8217;attendre et qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de mauvaises surprises à la mort desdits parents. Visiblement, ni elle ni moi n&#8217;avions vu l&#8217;une des tragédies les plus connues de l&#8217;incontournable William Shakespeare : <em>King Lear</em>, ou <em>l&#8217;histoire du roi Lear</em>.<span id="more-12476"></span></p>
<p>Le roi Lear (Gilles Renaud) décide de léguer son pouvoir et ses biens à ses trois filles pendant qu&#8217;il est toujours en vie. Il promet de leur donner une récompense aussi grande que l&#8217;amour qu&#8217;elles lui portent. Les deux sœurs aînées, Gonoril (Pascale Montpetit) et Regan (Marie-Hélène Thibault), le flattent et jurent de lui vouer un amour indescriptible. La cadette, Cordelia (Évelyne Rompré), lui dit franchement qu&#8217;elle l&#8217;aime d&#8217;un amour filial, sans plus. Enragé, le roi Lear la chasse et divise son royaume en deux parts égales. En donnant ces parts aux deux aînés, il leur annonce qu&#8217;il va vivre tantôt chez l&#8217;une et tantôt chez l&#8217;autre, mais les deux sœurs ont vite fait de se débarrasser de lui et de sa cour, et le roi se retrouve errant dans la forêt, fou et désespéré. Et tout ça, c’est sans compter les autres intrigues, les traîtrises et la guerre.</p>
<p>Avant même que la pièce, mise en scène par Denis Marleau, ne commence, l&#8217;on sent la froideur de l&#8217;atmosphère. Les décors sont gris et blancs et leur modernité suinte l&#8217;apathie, le mépris. Cette sensation correspond avec l&#8217;histoire contée sur scène — la froideur des personnages, leur manque d&#8217;empathie —, mais elle fait malheureusement en sorte que ces personnages sont tout aussi déconnectés du public qu&#8217;ils le sont l&#8217;un de l&#8217;autre. La pièce manque d&#8217;âme et, par conséquent, on ne se sent ni concerné, ni engagé par l&#8217;histoire qui se déroule devant nous. De plus, la grande scène quasi vide crée, de manière efficace, un gouffre entre les différents personnages, mais elle entraîne aussi le sentiment que les personnages sont loin. Loin et inatteignables.</p>
<p>Bien qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;acteurs chevronnés connaissant bien leur métier, il m&#8217;a été impossible d&#8217;oublier le fait qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;acteurs s&#8217;activant quelque peu mécaniquement sur une scène.  Le désarroi de Lear n&#8217;est pas assez affligeant pour attirer notre sympathie et la séduction de Regan n&#8217;est pas très irrésistible.</p>
<p>À la fin, quand les acteurs se retrouvent tous sur scène où ils tombent (littéralement) comme des mouches, il nous reste l&#8217;impression que tout était bien, mais sans plus.</p>
<p><em>L&#8217;histoire du roi Lear jour au Théâtre du Nouveau Monde jusqu&#8217;au 7 avril 2012.</em></p>
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		<title>Aimez-Vous les Uns les Autres</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 11:41:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Francesco Silvestri]]></category>
		<category><![CDATA[Frères]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Tremblay]]></category>
		<category><![CDATA[Oratorio de Noël]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Bouchard]]></category>
		<category><![CDATA[Théâte de l'Opsis]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Prospero]]></category>

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		<description><![CDATA[Certaines maladies — surtout celles où notre corps nous trahit malgré toutes les précautions que nous pouvons prendre — sont nobles, tandis que d&#8217;autres sont honteuses. Du moins, selon le point de vue de certaines personnes proches du malade, voire du malade lui-même. Ces maladies et la honte associée sont le point central de Frères [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/02/aimez-vous-les-uns-les-autres/" title="Permanent link to Aimez-Vous les Uns les Autres"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/02/FRERES_8518.jpg" width="2700" height="1906" alt="Post image for Aimez-Vous les Uns les Autres" /></a>
</p><p>Certaines maladies — surtout celles où notre corps nous trahit malgré toutes les précautions que nous pouvons prendre — sont nobles, tandis que d&#8217;autres sont honteuses. Du moins, selon le point de vue de certaines personnes proches du malade, voire du malade lui-même. Ces maladies et la honte associée sont le point central de <em>Frères</em> et de <em>L&#8217;Oratorio de Noël</em>, deux pièces actuellement à l&#8217;affiche.<span id="more-12132"></span></p>
<p>Dans <em>Frères</em>, pièce du dramaturge italien Francesco Silvestri présentée par le Théâtre de l&#8217;Opsis, Gildo (Émile Proulx-Cloutier) prétend se rendre à la messe tous les jours pour mieux visiter son frère malade (Benoit Rioux). Simplet, Gildo, qui n&#8217;a visiblement pas le droit de se trouver auprès de son frère, s&#8217;évertue à le laver, le soigner et le divertir le temps d&#8217;une messe, soit une heure.</p>
<p>Mise en scène par Luce Pelletier, <em>Frères</em> est une pièce touchante, empreinte de thème religieux sans pourtant tomber dans le sentimentalisme excessif (bien que parfois elle s&#8217;en approche drôlement). En effet, Gildo récite ponctuellement divers extraits liturgiques pour se souvenir du temps qu&#8217;il lui reste avec son frère et ces extraits, combinés à l&#8217;action sur scène, créent un effet impossible à ignorer.</p>
<p>Émile Proulx-Cloutier est extraordinaire en tant que frère niais dévoué à son frère malade. Benoit Rioux, quant à lui, ne dit pas un mot, mais sa seule présence et ses expressions faciales, dignes de Charlot, sont troublantes. La maladie du frère est dévoilée, mais la nature de la maladie et l&#8217;innocence avec laquelle elle est dévoilée sont si désarmantes que je ne peux vous la révéler.</p>
<p><em>Frères</em> est une courte pièce (elle dure réellement le temps d&#8217;une messe) qui en vaut vraiment le détour (elle joue au Théâtre Prospero, près de Papineau).</p>
<p>Le Théâtre Jean-Duceppe, quant à lui, présente la toute dernière œuvre de Michel Tremblay : <em>L&#8217;Oratorio de Noël</em>. Dans cette merveilleuse pièce mise en scène par Serge Denoncourt, la maladie honteuse est l&#8217;Alzheimer. Noël (Raymond Bouchard) était un des plus grands neurochirurgiens de Montréal. Imbu de lui-même, il était souvent absent, accordait peu de temps à sa famille, mais voulait tout de même tout contrôler. Atteint de l&#8217;Alzheimer, Noël, maintenant absent d&#8217;une autre manière, essaie de donner un sens au passé qui revient le hanter. Ce passé, joué par trois représentations de sa femme Jacqueline (Kim Despatis, Monique Spaziani et Ginette Morin), de sa fille Isabelle (Meggie Proulx Lapierre, Maude Laurendeau, Marie-Chantal Perron) et de son fils Jean-Sébastien (Gabriel Lessard, Johnatan Gallant, Pierre-François Legendre), tourmente Noël et le rend désorienté.</p>
<p>Le choix de Michel Tremblay de représenter la confusion du malade par différentes instances des membres de sa famille est astucieux. Le public est tout aussi déstabilisé que Noël, mais c&#8217;est une confusion qui fonctionne et qui rend Noël d&#8217;autant plus touchant et sympathique (même si, en soi, il ne s’agit pas d’un personnage sympathique). Le jeu des dix acteurs est solide et chacun d&#8217;eux est bien présent sur scène, mais Bouchard est remarquable.</p>
<p>Par ailleurs, les décors de Guillaume Lord augmentent l&#8217;aspect « hanté » de la pièce avec son rideau d&#8217;hôpital translucide cachant l&#8217;ombre des personnes ayant fait partie de la vie de Noël.</p>
<p>Tout comme <em>Frères</em>, <em>L&#8217;Oratorio de Noël</em> est une pièce qui mérite que l&#8217;on prenne une pause pour absorber toute la honte associée à certaines maladies et pour faire face au jugement qu&#8217;on lui porte, la peur qu&#8217;elles nous instillent. Ces maladies, présentées de manière originale et touchante, ne vous laisseront pas indifférents.</p>
<p><em>Frères joue au Théâtre Prospero jusqu&#8217;au 10 mars 2012. L&#8217;Oratorio de Noël joue au Théâtre Jean-Duceppe jusqu&#8217;au 24 mars 2012.</em></p>
<p><em>Photo par Marie-Claude Hamel.<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les bourgeois, c&#8217;est comme les cochons (bis)</title>
		<link>http://roverarts.com/2012/01/les-bourgeois-cest-comme-les-cochons-bis/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 13:57:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Bertolt Brecht]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de la Veillée]]></category>
		<category><![CDATA[La noce]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Propero]]></category>

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		<description><![CDATA[Décidément, on se paye la tête des bourgeois ces jours-ci. Autant Le Dindon, de Feydeau, qui joue actuellement au Théâtre du Nouveau Monde, est un petit vaudeville gentil où la sexualité est plus verbale que visuelle, autant La noce, de Bertolt Brecht, est une satire des plus dévergondées. Peut-être trop, même. Un jeune couple (Stéphanie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/01/les-bourgeois-cest-comme-les-cochons-bis/" title="Permanent link to Les bourgeois, c&#8217;est comme les cochons (bis)"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/01/lafond_1617.jpg" width="1080" height="720" alt="Post image for Les bourgeois, c&#8217;est comme les cochons (bis)" /></a>
</p><p>Décidément, on se paye la tête des bourgeois ces jours-ci. Autant <em>Le Dindon</em>, de Feydeau, qui joue actuellement au Théâtre du Nouveau Monde, est un petit vaudeville gentil où la sexualité est plus verbale que visuelle, autant <em>La noce</em>, de Bertolt Brecht, est une satire des plus dévergondées. Peut-être trop, même.<span id="more-11868"></span></p>
<p>Un jeune couple (Stéphanie Cardi et Frédéric Lavallée) vient de se marier et reçoit parents et amis pour célébrer la noce. Tous les meubles sont fabriqués avec soin par le marié qui en est très fier. Le souper commence dans la joie, mais plus il progresse, plus les quatre vérités de chaque personnage ressortent sans retenue — mais alors, vraiment sans retenue — et la soirée dégringole tout comme les meubles du marié.</p>
<p><em>La noce </em>est l&#8217;une des premières pièces de Brecht et elle transpire sa jeunesse (il avait 21 ans à l&#8217;époque) et son anarchisme qui veut tout détruire sans exception. Mise en scène par Gregory Hlady qui, visiblement, aime bien tout détruire lui aussi, La noce commence trop bruyamment pour que le crescendo final ait un effet quelconque. Il est impossible de voir évoluer la pièce, les personnages et la décadence quand, dès le début, les personnages nous en mettent plein la vue et que les connotations sexuelles (pas subtiles du tout) sont lancées à qui mieux mieux. Comment faire un crescendo à une pièce qui commence déjà trop fortement? En parlant d’autant plus fort et en parlant plus vite, évidemment. Tant et si bien que certains dialogues importants qui ont lieu vers la fin de la pièce sont mutilés et énoncés de manière quasi inintelligible.</p>
<p>Le jeu des acteurs est tellement exagéré, comme s&#8217;ils veulent s&#8217;assurer que l&#8217;auditoire comprend bien qu&#8217;il s&#8217;agit de décadence, qu&#8217;il sonne complètement faux. Par moment, j&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;assister à une pièce d&#8217;école plutôt qu&#8217;à une pièce jouée par des acteurs chevronnés (Paul Ahmarani, Alex Bisping, Diane Ouimet).</p>
<p><em>La noce</em> est une pièce franchement décousue, présentée en fragments qui se répètent trois, quatre fois à l&#8217;occasion, comme si les personnages et l&#8217;auditoire étaient pris dans un huis clos où les soupers de famille sont toujours les mêmes. Oui, la pièce fait rire, mais le désir de Hlady de choquer à tout prix la rend parfois infantile. Était-il vraiment nécessaire de demander à un acteur d&#8217;utiliser un coussin de farces et attrapes (« whoopie cushion ») alors qu&#8217;il est aux toilettes?</p>
<p>La pièce est peut-être toujours pertinente, si « la fragmentation, l&#8217;incertitude, le danger, l&#8217;angoisse qui émanent de <em>La noce </em>sont des caractéristiques de notre époque », comme l&#8217;explique Hlady, mais elle aurait gagné à être plus subtile. Cette incertitude, cette angoisse n&#8217;ont jamais émané de <em>La noce</em> de Hlady, et je ne me suis certainement pas sentie concernée.</p>
<p><em>La noce joue au Théâtre Prospero jusqu&#8217;au 11 février 2011.</em></p>
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		<title>Les bourgeois, c’est comme les cochons</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 05:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Feydeau]]></category>
		<category><![CDATA[Le Dindon]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal]]></category>
		<category><![CDATA[Normand Chouinard]]></category>
		<category><![CDATA[Rémy Girard]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains diront peut-être que le Théâtre du Nouveau Monde, en tant que « théâtre national », se doit d’être un théâtre sérieux où le drame a plus sa place que la comédie. Même les grands dramaturges de ce monde — de Shakespeare à Molière en passant par Corneille — ont écrit des comédies, et il est vrai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/01/les-bourgeois-c%e2%80%99est-comme-les-cochons/" title="Permanent link to Les bourgeois, c’est comme les cochons"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/01/Dindon.gif" width="275" height="360" alt="Post image for Les bourgeois, c’est comme les cochons" /></a>
</p><p>Certains diront peut-être que le Théâtre du Nouveau Monde, en tant que « théâtre national », se doit d’être un théâtre sérieux où le drame a plus sa place que la comédie. Même les grands dramaturges de ce monde — de Shakespeare à Molière en passant par Corneille — ont écrit des comédies, et il est vrai qu’un petit Molière ne fait jamais de tord, mais un vaudeville? Ce genre de comédie populaire a-t-il sa place au TNM?<span id="more-11840"></span></p>
<p>Oh, que oui! Et tout comme il fait parfois du bien de prendre un petit rosé rafraîchissant l’été sur le bord de la piscine au lieu d’un vin du plus grand cru, un Feydeau énergique et bien mis en scène fait toujours plaisir.</p>
<p>Edmond Pontagnac (Alain Zouvi) est un coureur de jupons invétéré. Lucienne Vatelin (Linda Sorgini), la dernière femme sur laquelle il a jeté son dévolu, refuse ses avances, car elle est très heureuse avec son mari, Crépin Valetin (Rémy Girard), qu’elle croit fidèle. Le jour où il la trompera, déclare-t-elle, elle se vengera en le trompant elle aussi. Voilà que survient Maggy Soldignac (Violette Chauveau), une Anglaise avec qui Crépin a couché lors d’un voyage d’affaires à Londres, puis son mari, Narcisse Soldignac (Roger La Rue), un Anglais d’origine marseillaise (tout un accent!) qui a suivi sa femme dans le but de la prendre la main dans le sac. S’ensuivent d’autres personnages qui ne paraissent pas dans le premier acte, une série de malentendus (différents couples se voient donner la même chambre d’hôtel) et quelques douces vengeances. Le dindon de la face n’est pas celui que l’on croit.</p>
<p>Mis en scène avec brio par Normand Chouinard, <em>Le Dindon</em> se déroule à Paris pendant les Années folles, à l’époque où tromper sa femme était considéré comme un sport national (sport qui n’a peut-être pas tout à fait disparu si l’on pense aux DSK de ce monde…). Tant les décors, que la musique et le mouvement des personnages sur la scène enchantent. Même les maints clins d’œil — essentiels au genre —, faits aux spectateurs ont de quoi faire rire aux éclats.</p>
<p>Par moment, cette pièce très élaborée, tant en complexité qu’en durée (2 heures 45 minutes avec entracte), a des longueurs et le fil de l’histoire semble décousu. Bien sûr, tous les fils se rejoignent à la fin et les nombreux personnages sortant de nulle part finissent par avoir leur sens, mais comme l’on sait que Feydeau avait tendance à écrire sur le vif, à finir la rédaction de ses pièces alors que les acteurs pratiquaient les premières scènes, <em>Le Dindon</em> gagnerait à être révisé un tant soit peu. Ou alors à ne pas être jouée dans son intégralité, ce qui rendrait sûrement l’action encore plus dynamique et entraînante.</p>
<p><em>Le Dindon</em> offre une soirée enjouée où le ridicule ne tue pas et où il fait bon se payer la tête de quelques bourgeois.</p>
<p><em>Le Dindon joue au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 11 février 2012.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Quand on aime on a toujours vingt ans</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Jan 2012 05:01:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[BOOKS]]></category>
		<category><![CDATA[Mélanie Grondin]]></category>
		<category><![CDATA[Serveuse du café cherrier]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Beauchemin]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout le monde recherche et le bonheur et l’amour. Peu importe l’action des gens qui nous entourent, au fond, ils cherchent tous, comme nous, à être heureux. Thème universel que cela; thème qui fait toujours un bon roman. C’est cette quête qui propulse le dernier roman d’Yves Beauchemin : La serveuse du Café Cherrier.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/01/quand-on-aime-on-a-toujours-vingt-ans/" title="Permanent link to Quand on aime on a toujours vingt ans"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/01/Beauchemin-serveuse.jpeg" width="275" height="183" alt="Post image for Quand on aime on a toujours vingt ans" /></a>
</p><p>Tout le monde recherche et le bonheur et l’amour. Peu importe l’action des gens qui nous entourent, au fond, ils cherchent tous, comme nous, à être heureux. Thème universel que cela; thème qui fait toujours un bon roman. C’est cette quête qui propulse le dernier roman d’Yves Beauchemin : <em>La serveuse du Café Cherrier</em>.<span id="more-11644"></span></p>
<p>Après avoir été chassée de la maison familiale parce que sa mère, femme égocentrique et ultrareligieuse, croyait qu’elle était prostituée, Mélanie Gervais quitte Trois-Rivières pour Montréal. D’une beauté presque incroyable, elle devient serveuse au Café Cherrier et attire le regard de tous les personnages masculins que Beauchemin intègre à son roman. Le roman s’ouvre sur la rencontre entre Mélanie et Pierrot Bernard, un écrivain quinquagénaire ressemblant au père Noël de Coca Cola, qui, avec beaucoup d’efforts, finit par devenir l’amant de Mélanie. Surviennent : un sinistre éditeur beaucoup plus intéressé par la beauté de Mélanie que par le roman de Pierrot; la mère de Mélanie qui décide, elle aussi, de déménager à Montréal; et un drame qui changera le cours de la vie de Mélanie. Ainsi se termine la première partie du long roman de Beauchemin, lequel, il faut le dire, est tellement accrocheur qu’il se lit très rapidement.</p>
<p><em>La serveuse du Café Cherrier</em> est un roman ou les bons sont bons à en être naïfs et les méchants sont tellement méchants qu’on les imagine presque avec une cape noire et un rire lugubre. Mais le lecteur peut pardonner ces extrêmes stéréotypés tellement les retournements sont intrigants. En effet, la prose de Beauchemin — malgré son affection marquée pour les italiques (je n’en ai toujours pas compris l’usage ici : « Et il se mit à rire, tout fier de son <em>trait d’esprit</em>. ») — est entraînante, attirant le lecteur dès la première page et le tirant, tel un chien suivant un morceau de viande juteux, tout au long des aventures de Mélanie.</p>
<p>Mélanie (l’ai-je dit?) est belle au point d’en être agaçante, tant pour nous que pour elle, mais malheureusement la propension de Beauchemin à répéter les traits qui caractérisent son personnage principal ne s’applique pas toujours à ses autres personnages, particulièrement Louis Perez. Autant l’Haïtienne Gerbederose Café et l’ex-itinérant Tonio Blanchet deviennent réels et vivants dès leur arrivée dans le roman, autant Louis Perez, un personnage pourtant important dans la vie de Mélanie, demeure flou. L’héritage haïtien de Gerbederose est omniprésent, mais l’héritage hispanophone de Louis, dont les parents semblent être des immigrants de première génération, est à peine mentionné. On le devine plus qu’on ne le sait et son personnage en perd de la vivacité.</p>
<p>Yves Beauchemin en est à son treizième roman et il sait, sans l’ombre d’un doute, satisfaire le lecteur. <em>La serveuse du Café Cherrier</em> n’est pas un roman où l’on découvre une nouvelle facette de l’humanité (tant la notre que celle d’autrui), ni un roman où l’on se perd dans un monde inconnu. Par contre, il s’agit d’un bon roman que le lecteur aime lire, une bonne histoire dont certains personnages sont inoubliables.</p>
<p><em>Mélanie Grondin est rédactrice en chef du <a href="http://www.aelaq.org/mrb/">Montreal Review of Books</a>.</em></p>
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		<title>Amour, amour, quand tu nous tiens…</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 13:47:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Prégent]]></category>
		<category><![CDATA[Norm Foster]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Pourquoi pas?]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>

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		<description><![CDATA[Y a-t-il un âge limite pour être amoureux? Y a-t-il un moment où « l’amour de vieilles fesses molles », comme le nomme un des personnages, devient dégueulasse et horripilant? Surtout pour les jeunes qui visualisent le tout en frémissant? Eh bien, selon le dramaturge ontarien Norm Foster, auteur de la pièce Pourquoi pas?, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2012/01/amour-amour-quand-tu-nous-tiens%e2%80%a6/" title="Permanent link to Amour, amour, quand tu nous tiens…"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2012/01/image.jpg" width="2988" height="2000" alt="Post image for Amour, amour, quand tu nous tiens…" /></a>
</p><p>Y a-t-il un âge limite pour être amoureux? Y a-t-il un moment où « l’amour de vieilles fesses molles », comme le nomme un des personnages, devient dégueulasse et horripilant? Surtout pour les jeunes qui visualisent le tout en frémissant? Eh bien, selon le dramaturge ontarien Norm Foster, auteur de la pièce <em>Pourquoi pas?</em>, la réponse est résolument « non ».<span id="more-11640"></span></p>
<p>Bob (Claude Prégent) et Jacqueline (Pauline Martin) se sont rencontrés pendant un party de Noël d’entreprise. Le mari de Jacqueline, Benoît (Yvan Benoit) était le propriétaire de l’entreprise tandis que Bob était vendeur. Sans que Jacqueline se doute de quoi que ce soit, elle fait bonne impression sur Bob qui en tombe follement amoureux. Ils se revoient l’année suivante pendant un autre party de Noël, puis au cours de l’été. Puis plus rien. Vingt-cinq ans après leur première rencontre, le mari de Jacqueline décède et Bob se rend à l’enterrement pour faire sa cour à celle qu’il a toujours aimée.</p>
<p>Mise en scène par Monique Duceppe, <em>Pourquoi pas?</em> jette un regard sur l’amour à 60 ans et sur les craintes causées par une longue vie (34 ans pour être exact) à être malheureux en couple. Écrite avec un humour simple, mais efficace — il s’agit bien d’une comédie romantique —, la pièce présente deux personnages attachants qui subissent les actions des autres personnages sans qu’ils puissent faire quoi que ce soit, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que la vie ne finit pas à 60 ans. Les répliques sont amusantes et la traduction de Louis-Georges Girard et de Petty Schneiderman est irréprochable.</p>
<p><em>Pourquoi pas?</em> est une pièce en apparence simple. Des panneaux sur des plateformes de différentes hauteurs délimitent les endroits où circulent les personnages et les sons sont quasi inexistants. On entend des gazouillements subtils d’oiseaux quand Bob et Jacqueline sont au parc ou encore les bruits distants d’une foule, mais ces sons peuvent facilement être ignorés. Tout de la mise en scène de cette pièce fait en sorte que l’accent est mis sur les personnages dont  les histoires et les répliques meublent amplement la scène. Des personnages, soit dit en passant, joués par des acteurs chevronnés.</p>
<p>Pauline Martin est très touchante en tant que femme incomprise, cocufiée et malheureuse. Malgré son humour cynique, qu’elle livre avec brio, on sent très bien son désespoir et sa peur. De même, Claude Prégent joue un Bob désarmant qui saurait conquérir toutes les femmes effarouchées. Il est tellement heureux de pouvoir enfin « cruiser » celle qu’il a toujours aimée qu’on ne peut s’empêcher de l’encourager et d’avoir une petite larme à l’oeil au moment décisif.</p>
<p>Non, l’amour n’a pas d’âge et <em>Pourquoi pas? </em>explore le tabou de la sexualité chez les personnes du « bel âge » avec sensibilité, humour et justesse.</p>
<p><em>Pourquoi pas? joue au </em><a href="http://duceppe.com/" target="_blank"><em>Théâtre Jean-Duceppe</em></a><em> jusqu&#8217;au 4 février 2012.</em></p>
<p><em>Mélanie Grondin est rédactrice en chef du <a href="http://www.aelaq.org/mrb/">Montreal Review of Books</a>.</em></p>
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		<title>Le vieil homme et la Vénitienne</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 17:22:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Dans l'ombre du Hemingway]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Brulotte]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>

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		<description><![CDATA[L’acteur et dramaturge Stéphane Brulotte aime s’imaginer la vie intime et non documentée des grandes personnalités. L’année dernière, nous avons vu Une partie avec l’Empereur au Théâtre Jean-Duceppe, une pièce qui nous a présenté un Napoléon emprisonné sur l’île d’Elbe et la cible d’un complot visant à l’assassiner. Cette année, Brulotte renoue avec le Théâtre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/11/le-vieil-homme-et-la-venitienne/" title="Permanent link to Le vieil homme et la Vénitienne"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/11/a1282.jpg" width="1909" height="1979" alt="Le vieil homme et la Vénitienne" /></a>
</p><p>L’acteur et dramaturge Stéphane Brulotte aime s’imaginer la vie intime et non documentée des grandes personnalités. L’année dernière, nous avons vu <em>Une partie avec l’Empereur</em> au Théâtre Jean-Duceppe, une pièce qui nous a présenté un Napoléon emprisonné sur l’île d’Elbe et la cible d’un complot visant à l’assassiner. <span id="more-10893"></span>Cette année, Brulotte renoue avec le Théâtre Jean-Duceppe pour mettre en scène sa toute dernière œuvre, <em>Dans l’ombre d’Hemingway</em>, une histoire d’amour entre Papa Hemingway et une jeune aristocrate vénitienne Adriana Ivancich.</p>
<p>Nous sommes à La Havane, en 1950, et Ernest Hemingway (Michel Dumont) est victime du syndrome de la page blanche. Après son retour de Venise, il a publié <em>Au-delà du fleuve et sous les arbres,</em> un roman que la critique a éreinté, et depuis il est incapable d’écrire un traître mot. Il ne fait que boire et se disputer avec sa femme, Mary (Marie Michaud). À la demande d’Hemingway, Mary – qui choisit de mettre son propre bonheur de côté pour aider son génie de mari à retrouver son inspiration – fini par inviter Adriana Ivancich (Bénédicte Décary) une jeune fille rencontrée à Venise et sa mère Dora (Linda Sorgini). Adriana débarque comme un vent de fraîcheur, un souffle d’inspiration. Les jours passent et Hemingway et Adriana s’enferment dans le bureau de l’écrivain. Lui, pour écrire; elle, pour peindre; les deux, pour discuter de tout et de rien. Parmi les mots, les couleurs et la pêche, un amour se développe et écorche les personnes impliquées. Cet amour impossible deviendra la muse d’Hemingway qui publiera <em>Le vieil homme et la mer </em>quelques années après la visite de la jeune fille.</p>
<p>S’inspirant du style littéraire de son personnage principal, Brulotte a choisi d’écrire sa pièce de manière épurée, sans mots superflus, et se concentrant sur le concret. Malheureusement, pour ceux qui ne sont pas habitués au style sans fioritures de Papa Hemingway, cette approche peut créer des longueurs. De plus, les simples « Je t’aime » lancés par Hemingway et Adriana ne sont pas aussi éloquents que les actions des deux personnages et ces deux mots – superflus, aurait sans doute pensé l’écrivain – détonnent quelque peu, rendant ce vieil homme bourru un peu trop romantique pour être crédible.</p>
<p>Dans cette pièce où le français, l’italien et l’espagnol se mélangent, les acteurs jouent leur rôle avec perfection. On n’aurait su choisir un meilleur Hemingway que Michel Dumont (qui ressemble vraiment à l’auteur). De plus, Bénédicte Décary, que l’on voit partout ces jours-ci, est magnifique, incarnant parfaitement la muse d’un vieil homme vide. Les décors de Richard Lacroix sont tout aussi simples et épurés que le texte et la mise en scène, mais nous n’avons aucune peine à nous croire sur la plage cubaine.</p>
<p><em>Dans l’ombre d’Hemingway</em> est une pièce agréable : les acteurs sont solides et le jeu des différentes émotions qui tourmentent Hemingway – le désarrois, tant suite à l’échec littéraire que suite à un amour impossible, l’inspiration et même parfois la tendresse envers sa femme – est captivant. Mais la dernière pièce de Brulotte demeure une pièce conventionnelle, sage, qui n’inspire pas le spectateur autant qu’Adriana a pu inspirer Papa Hemingway.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Dans l’ombre d’Hemingway joue au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 3 décembre 2011.</em></p>
<p><em>Une causerie avec Michel Dumont et Stéphane Brulotte aura lieu cet après-midi de 16 h 30 à 17 h 30 dans l’espace culturel Georges-Émile-Lapalme, devant l’entrée du Théâtre Jean-Duceppe. L’activité est gratuite.</em></p>
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		<title>Que la fête commence…</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 17:24:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[L'École des Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a soixante ans, le Théâtre du Nouveau Monde a été fondé dans l’effervescence qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. La première pièce présentée par le TNM en 1951 était L’Avare, de Molière, mise en scène par Jean Gascon, un des fondateurs du théâtre. Soixante ans plus tard, pour commencer leur saison en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/10/que-la-fete-commence%e2%80%a6/" title="Permanent link to Que la fête commence…"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/10/38_image.gif" width="275" height="360" alt="L'École des Femmes" /></a>
</p><p>Il y a soixante ans, le Théâtre du Nouveau Monde a été fondé dans l’effervescence qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. La première pièce présentée par le TNM en 1951 était <em>L’Avare</em>, de Molière, mise en scène par Jean Gascon, un des fondateurs du théâtre. Soixante ans plus tard, pour commencer leur saison en beauté, le TNM a choisi de retourner à ses anciennes amours et de présenter une autre pièce de Molière : <em>L’École des femmes</em>.<span id="more-10695"></span></p>
<p>Arnolphe (Guy Nadon), aussi connu sous le nom de Monsieur de la Souche, veut se marier, mais a une peur bleue de devenir cocu. Pour contrer cette possibilité, il devient le tuteur d’une enfant de quatre ans qu’il met au couvent pour qu’elle reçoive une éducation de base (couture, broderie, etc.) qui la gardera sotte et obéissante. Mais il ne se doute pas que l’ignorance d’Agnès (Sophie Desmarais) jouera contre lui. Sortie du couvent, Agnès demeure dans une des nombreuses maisons d’Arnolphe qui, revenant d’un voyage de dix jours, apprend qu’en toute innocence et ingénuité elle a accepté la cour d’Horace (Jean-Philippe Baril Guérard), le fils d’un ami d’Arnolphe venu lui rendre visite. S’ensuivent les manigances d’Arnolphe et d’Horace qui tentent de se déjouer l’un l’autre pour gagner le cœur (et la main) d’Agnès.</p>
<p>Mise en scène par Yves Desgagnés (son premier Molière au TNM, et il l’aborde avec brio), <em>L’École des femmes</em> lance une importante saison avec force et conviction. Desmarais a choisi de présenter <em>L’École des femmes</em> comme une pièce de théâtre dans une pièce de théâtre (dans une pièce de théâtre dans une pièce de théâtre) où tous les acteurs jouent (dans tous les sens du terme) et ne se prennent pas toujours au sérieux, ce qui la rend absolument délectable et amusante du début à la fin. Il y a même une courte scène avec le notaire (Mathieu Handfield) et les deux serviteurs-bouffons d’Arnolphe (Pierre Collin et Louison Danis) qui fait un clin d’oeil à la <em>Commedia dell’arte</em> et, sans doute, à Carlo Goldoni, dramaturge italien du XVIIIe siècle qui utilisait Molière comme modèle. De même, les décors de Martin Ferland sont ludiques et font sourire, tout comme l’est l’interaction des personnages avec ceux-ci, d’ailleurs.</p>
<p>L’Arnolphe de Guy Nadon — présent dans toutes les scènes — est nuancé et adorable, bien qu’il s’agisse d’un personnage, de prime abord, antipathique. Sophie Desmarais, quant à elle, joue la sotte Agnès avec génie.</p>
<p>Un choix fantastique pour commencer la saison célébrant le 60<sup>e</sup> anniversaire du Théâtre du Nouveau Monde, <em>L’École des femmes</em> en vaut le détour. D’ailleurs, la pièce partira en tournée après son passage au TNM et se rendra à Québec, à Rimouski, à Sherbrooke, à Drummondville, à Laval, à Gatineau et à Trois-Rivières.</p>
<p>Citation à retenir : « La femme est le potage de l’homme. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>L’École des femmes joue au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 29 octobre 2011.</em></p>
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		<title>L’enfer de leurs désirs</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Sep 2011 04:01:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>

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		<description><![CDATA[« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/09/l%e2%80%99enfer-de-leurs-desirs/" title="Permanent link to L’enfer de leurs désirs"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/09/lafond_blackbird_6267.jpg" width="280" height="229" alt="Post image for L’enfer de leurs désirs" /></a>
</p><p>« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l&#8217;école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. » Et parfois, elle était Una.<span id="more-10418"></span></p>
<p>Dans une cantine insalubre, représentant sans doute tous les déchets émotionnels qui ont parsemé leur vie, Una (Marie-Eve Pelletier) et Ray (Gabriel Arcand) ont un face-à-face. Ray croit qu’elle est venue le relancer, l’accuser, et son embarras, son désir de se débarrasser d’elle, est palpable. Il avait refait sa vie, changé son nom, et voila que, quinze ans plus tard, celle qu’il avait été accusé d’agresser alors qu’elle était toujours enfant l’a retrouvé. Elle, par contre, elle n’a rien changé.</p>
<p>Écrite par le dramaturge écossais David Harrower et traduite vers le québécois par Étienne Lepage, la pièce <em>Blackbird</em> avait déjà été présentée au théâtre Prospero il y a trois ans. Vu le succès — bien mérité, soit dit en passant — de cette pièce mise en scène par Téo Spychalski, le Groupe de la veillée, compagnie fondatrice du théâtre Propero, a décidé de la représenter pour ouvrir la saison 2011-2012, donnant ainsi l’occasion à ceux qui l’ont manqué la première fois d’aller voir cette pièce coup de poing!</p>
<p>Tout au long de cette pièce intense et tendue, Gabriel Arcand et Marie-Eve Pelletier sont époustouflants. Ils peignent, sans faux mouvement, leurs bouleversements à l’aide d’une palette de couleurs émotives inouïe. Le développement de la pièce et la manière dont les couches et les complexités de chaque personnage se dévoilent petit à petit laissent le public à bout de souffle. Arcand et Pelletier se mettent à nu dans ce huis clos où l’enfer n’est pas les autres, mais leurs désirs. </p>
<p>Les décors gris et industriels, les déchets débordant des poubelles et s’amoncelant sur la table, reflètent bien l’espace émotif dans lequel les personnages ont évolué depuis les quinze dernières années. Ils étouffent et font en sorte que les personnages deviennent vite tendus, prêts à sauter sous la pression de l’autocuiseur.</p>
<p>Une pièce troublante où « victime », « crime » et « châtiment » ne sont pas vraiment ce que l’on croit au départ, Blackbird réussi parce qu’elle ne dit pas tout. Plutôt, elle nous fait entrer dans l’intimité des personnages où, nous aussi, nous comprenons à mi-mots.</p>
<p>Blackbird <em>joue au théâtre Prospero jusqu’au 23 septembre.</em></p>
<p>Photo Credit: Dominique Lafond</p>
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		<title>Au chat et à la souris</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 04:01:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs pièces de théâtre reposent sur les épaules d’une seule personne. Il y a, d’une part, les pièces qui ont été écrites avec un seul acteur en tête, comme Shirley Valentine qui a clôt la saison 2010-2011 du théâtre Jean-Duceppe. D’autre part, il y a les pièces qui comprennent plusieurs acteurs, mais dont un seul [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/09/au-chat-et-a-la-souris/" title="Permanent link to Au chat et à la souris"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/09/Match.jpg" width="300" height="238" alt="Post image for Au chat et à la souris" /></a>
</p><p>Plusieurs pièces de théâtre reposent sur les épaules d’une seule personne. Il y a, d’une part, les pièces qui ont été écrites avec un seul acteur en tête, comme <em>Shirley Valentine</em> qui a clôt la saison 2010-2011 du théâtre Jean-Duceppe. D’autre part, il y a les pièces qui comprennent plusieurs acteurs, mais dont un seul personnage se distingue. Un seul personnage qui décide si la pièce réussit ou non. <em>Match</em>, la pièce ouvrant la saison 2011-2012 au théâtre Jean-Duceppe, est une de celles-là.<span id="more-10390"></span></p>
<p>Écrite par le dramaturge américain Stephen Belber, <em>Match</em> conte l’histoire de Tobi (Robert Lalonde), un vieux chorégraphe et professeur de danse à Julliard qui, jadis, a dû arrêter sa propre carrière de danseur à cause d’une blessure. Lisa (Marie-Chantal Perron) et Mike (Alexandre Goyette) le rencontrent chez lui dans le but de l’interviewer, car, disent-ils, Lisa est en train d’écrire un mémoire sur la danse. Volubile à souhait, Tobi raconte tout ce qui lui passe par la tête au sujet du monde de la danse et de sa propre histoire jusqu’à ce qu’il réalise que certaines questions sont très pointues et qu’il y a anguille sous roche. Lisa et Mike sont là pour une autre raison, ce qui force Tobi à revisiter et à dévoiler certaines actions du passé dont il n’est pas particulièrement fier.</p>
<p>Mise en scène par Michel Poirier, <em>Match</em> ouvre sur Tobi qui se prépare à recevoir Lisa et Mike dans un appartement qui rappelle avec une certaine nostalgie la vieille Europe et le monde artistique. S’affairant à placer des grignotines trop vieilles et à se couper les ongles (qu’il conserve précieusement dans un vase), Tobi se dévoile à l’auditoire. Ces quelques minutes où nous pouvons le savourer pleinement nous permettent d’anticiper le plaisir avec lequel nous le verrons interagir avec Mike et Lisa. Lalonde ne déçoit pas. Le seul problème de <em>Match</em>, en fait, est le deuxième acte.</p>
<p>Alors que le premier acte est délicieux et hautement agréable, le deuxième acte s’essouffle et goûte le réchauffé. Évidemment, le dénouement n’a pas lieu à la fin du premier acte, mais c’est tout comme. Lors de l’entracte, l’on sent qu’il doit rester bien peu de choses à dire et l’on se demande même pourquoi il y a un entracte. Bien sûr, le premier acte se termine avec une question du genre « l’est-il, oui ou non », mais au fond, on s’en fout un peu. Surtout que la réponse est quelque peu prévisible. </p>
<p>Au final, on veut surtout voir Tobi, et, par le fait même, Robert Lalonde, à l’action.</p>
<p>Match <em>joue au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 15 octobre 2011.</em></p>
<p>Photo Credit: François Brunelle</p>
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		<title>Entre l’espoir et la résignation</title>
		<link>http://roverarts.com/2011/06/entre-l%e2%80%99espoir-et-la-resignation/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 04:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>

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		<description><![CDATA[Après les événements mouvementés de 1970, Michel Tremblay voulait écrire une pièce sur un Québec « confronté à deux perspectives d’avenir : l’espoir et la résignation ». Il ne voulait pas faire une pièce politique, mais bien une pièce sociale qui, même aujourd’hui, n’a pas perdu sa pertinence : À toi pour toujours, ta Marie-Lou. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/06/entre-l%e2%80%99espoir-et-la-resignation/" title="Permanent link to Entre l’espoir et la résignation"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/36_image.jpg" width="260" height="361" alt="Post image for Entre l’espoir et la résignation" /></a>
</p><p>Après les événements mouvementés de 1970, Michel Tremblay voulait écrire une pièce sur un Québec « confronté à deux perspectives d’avenir : l’espoir et la résignation ». Il ne voulait pas faire une pièce politique, mais bien une pièce sociale qui, même aujourd’hui, n’a pas perdu sa pertinence : <em>À toi pour toujours, ta Marie-Lou.</em><span id="more-8948"></span></p>
<p>Carmen (Dominique Quesnel) et Manon (Éveline Gélinas) ne se sont pas vues depuis dix ans. Issues d’une famille ouvrière complètement dysfonctionnelle, elles se sont perdues de vue après la mort de leur petit frère et de leurs parents Marie-Louise (Marie Michaud) et Léopold (Denis Bernard) dans un accident de voiture. Alors que Carmen a choisi de suivre son rêve de devenir chanteuse et de vivre sa vie pleinement, Manon, elle, se terre dans l’ancien appartement de leurs parents à ressasser ses souvenirs. Voulant aider sa sœur, Carmen tente encore une fois de la secouer, mais Manon ne fait que lui parler d’un passé rempli de violence et de ferveur religieuse; passé qui se joue sur scène devant elles, comme si c’était hier.</p>
<p>Afin de bien représenter cette séparation entre le passé et le présent, tout en montrant que le présent est toujours entouré du passé, le metteur en scène Gill Champagne a choisi de faire jouer Quesnel et Gélinas sur une plateforme (l’appartement où elles ont grandi et où Manon demeure toujours) entourée d’eau. Bernard et Michaud, quant à eux, jouent les deux pieds dans l’eau, dans cet enfer, ce Styx, où ils répètent leur vie à deux, sans jamais se regarder, pour l’éternité. </p>
<p>Jouée par un quatuor solide, <em>À toi pour toujours, ta Marie-Lou</em> est un drame à quatre voix au tempo fluide. Les voix s’entrecoupent, les scènes basculent entre le passé et le présent et tous se dirigent vers le résultat inéluctable de leurs choix : la mort, l’émancipation, la résignation.</p>
<p>Bien que la pièce se déroule dans un quartier ouvrier montréalais de 1961 et de 1971, elle demeure pertinente dans le fait que, bien que la société québécoise se soit émancipée depuis 1970, une certaine partie de nous reste accrochée au passé.</p>
<p>Dernière pièce de la saison au Théâtre du Nouveau Monde, <em>À toi pour toujours, ta Marie-Lou</em> nous démontre que nous avons toujours le choix tant face à l’avenir que face au passé.</p>
<p>À toi pour toujours, ta Marie-Lou <em>joue au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 2 juin</em>.</p>
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		<title>Public Art, Public Places</title>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 09:37:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[PUBLIC ART/PUBLIC PLACES]]></category>
		<category><![CDATA[Acer Concordiae]]></category>
		<category><![CDATA[Concordia University]]></category>
		<category><![CDATA[Kamila Wozniakowska]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal art]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal Public Art]]></category>

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		<description><![CDATA[Next time you notice a striking piece of sculpture outside a new building, be sure to stop and take a good look. Chances are, you helped pay for it. Few people realize that thanks to Quebec’s ground-breaking “1% policy,” all new and enlarged public buildings must devote a portion of their construction budget to art [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/05/public-art-public-places/" title="Permanent link to Public Art, Public Places"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/acer-concordiae.png" width="439" height="568" alt="The Rover: Public Art: Acer Concordiae" /></a>
</p><p><strong> </strong></p>
<p>Next time you notice a striking piece of sculpture outside a new building, be sure to stop and take a good look. Chances are, you helped pay for it.<span id="more-8651"></span></p>
<p>Few people realize that thanks to Quebec’s ground-breaking “1% policy,” all new and enlarged public buildings must devote a portion of their construction budget to art acquisition.</p>
<p>Officially known as the <em>Politique d&#8217;intégration des arts à l&#8217;architecture et à l&#8217;environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics</em>, the 1% policy means tax dollars are going toward the purchase of murals, sculptures, paintings and other pieces of visual art created by Quebec artists, for display in and around public buildings.</p>
<p>The latest of these offerings is a series of engravings by Kamila Wozniakowska called <em>Acer Concordiae, </em>located in one the tunnel leading to the Guy-Concordia metro and running under boulevard De Maisonneuve. The 52 laser-engraved stainless steel plaques (26 plaques in each direction) depict the growth of Concordia amidst the city of Montreal. This development, represented by the growth of a tree, the Acer Concordiae, takes place from when Montreal didn’t even exist (only the Mount Royal is visible) to present day.</p>
<p><a href="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/Houde1-caption.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8660" style="margin: 10px 20px; border: 1px solid black;" title="Houde1-caption" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/Houde1-caption.jpg" alt="" width="270" height="184" /></a>Presented by Clarence Epstein, Director of Special Projects and Cultural Affairs at Concordia, the engravings were the high point of a short discussion on public art at Concordia University. Priding himself on the way Concordia chooses to consciously integrate art to its architecture, Epstein says that while the 1% policy forces public buildings to buy art, Concordia feels it’s its obligation to celebrate art and culture in its insitutions. Unfortunately, some works are hidden or not clearly visible: Francois Houde’s <em>Four Horsemen</em>, a glass mural, is located high up on the fourth floor of the Vanier Library and one of Jean McEwen’s three painted glass windows, in the mezzanine of the Sir George Williams building, is hidden in an office. This, in Epstein’s opinion, reflected the fact that previous administrators viewed the 1% policy as an obligation that couldn’t be avoided. Now, he explains, public art helps state the university’s identity within its urban setting. This is particularly the case of the downtown campus that isn’t characerized by greenery like the Loyola campus is.</p>
<p>If one had to choose a jewel to crown Concordia’s public art it would surely be the glass mural by Nicolas Baier on the eastern facade<a href="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/baier2-caption.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8661" style="border: 1px solid black; margin: 10px 20px;" title="baier2-caption" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/baier2-caption.jpg" alt="" width="270" height="227" /></a> of the Engineering, Computer Science and Visual Arts Complex (corner of Sainte-Catherine and MacKay). A piece that apparently can only be viewed in all its splendor early in the morning, it represents, with its foliage, the four flowers that make up the Montreal flag and the multitude of people that haunt Concordia University. According to Epstein, Baier and other recently commissioned artists have been sensitive not only to the university’s history, but also to the connection between the university and the city and to the location where their art will be displayed. A subterranean piece (Yehouda Chaki’s <em>The Four Seasons</em>) offers light for those dreary walks from one building to the next and a colourful painting (Holly King’s <em>Seascape and the Sublime</em>) shows the transition between public and private places through movement and shifting colours.</p>
<p><a href="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/king2-caption.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8663" style="border: 1px solid black; margin: 10px 20px;" title="king2-caption" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/05/king2-caption.jpg" alt="" width="270" height="198" /></a>It is precisely these elements &#8212; the history of Concordia, the agreement between the university campus and the urban milieu and the passage of students &#8212; that inspired Wozniakowska work. Not meant to be stared at, <em>Acer Concordia</em> is like the images in a flip book: the engravings progess gradually through the ages and through the seasons.</p>
<p><em>A list of all public art displayed at Concordia University is available on their <a href="http://web2.concordia.ca/publicart/" target="_blank">website</a>.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>An occasional column entitled </em>Public Art/Public Places <em>offering a glimpse of public art in Montreal will begin in May.</em></p>
<p><em>Image of </em>Acer Concordiae<em> courtesy of the artist.</em></p>
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		<title>À corps défendant</title>
		<link>http://roverarts.com/2011/05/a-corps-defendant/</link>
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		<pubDate>Wed, 04 May 2011 04:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[En découdre]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[The Rover]]></category>
		<category><![CDATA[Theatre de Quat'sous]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le Théâtre Jean-Duceppe et sa pièce Elling, c’est au tour du Théâtre de Quat’Sous d’explorer le thème de la santé mentale, sujet encore tabou à bien des égards. Alors qu’Elling racontait avec humour l’histoire de la réintégration sociale de deux hommes ayant passé un certain temps dans un hôpital psychiatrique, En découdre offre un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/05/a-corps-defendant/" title="Permanent link to À corps défendant"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/04/img_en_decoudre.jpg" width="250" height="362" alt="The Rover: Theatre: En découdre" /></a>
</p><p>Après le Théâtre Jean-Duceppe et sa pièce <em>Elling</em>, c’est au tour du Théâtre de Quat’Sous d’explorer le thème de la santé mentale, sujet encore tabou à bien des égards. Alors qu’<em>Elling</em> racontait avec humour l’histoire de la réintégration sociale de deux hommes ayant passé un certain temps dans un hôpital psychiatrique, <em>En découdre</em> offre un aperçu non narratif de la schizophrénie.<span id="more-8444"></span></p>
<p>Une jeune fille sans nom (Catherine Audet) reçoit le diagnostic de schizophrénie et en perd, en quelque sorte, son identité — qui serait-elle à part une schizophrène? Confrontée à ses démons, aux gens qui veulent l’aider, au dur combat qui l’attend, elle cherche à comprendre et à surmonter cette maladie qui la déchire.</p>
<p>Avec sa pièce <em>En découdre</em>, le dramaturge français Luc Tartar nous permet d’entrevoir avec poésie et gravité ce qui se passe dans la tête d’une personne schizophrène. Les mots tombent comme des mouches, les sons assourdissent, les voix s’entrecoupent, se confondent et la confusion règne. Commandée par Éric Jean, le directeur artistique et général du Théâtre de Quat’Sous (qui a aussi collaboré au texte et fait la mise en scène), <em>En découdre</em> cherche à démystifier la schizophrénie.</p>
<p>Longue d’une heure seulement, la pièce est extrêmement intense et dynamique. Il est impossible à l’auditoire de relâcher son attention ne serait-ce qu’une minute. Montrant cette maladie de manière décousue, la pièce est pleine de chansons désespérées (« Lifesaver » d’Emilíana Torrini, « No Surprises » de Radiohead et « The Boy in the Bubble » de Paul Simon, interprétée par Peter Gabriel), de danses foudroyantes (exécutées par Aude Rioland et Simon-Xavier Lefebvre) et de textes fulgurants. Presque complètement dénudée, la scène se remplit de mots et de mouvements sans relâche.</p>
<p>Bien qu’il soit normal qu’un certain brouillard s’installe dans l’auditoire lorsqu’il est bombardé d’images et de texte désordonné, un élément particulier de la pièce porte à confusion : qui est le jeune homme joué par Matthieu Girard? Les parents de la jeune fille (Frédérike Bédard et Stéphane Jacques) ainsi que les danseurs jouent un rôle clair, mais le jeune homme est présent sans que l’on sache qui il est et le rôle (imaginaire ou réel) qu’il joue dans la vie de la jeune fille. Malheureusement, cette confusion et ce questionnement quant à sa présence, nous empêchent de nous immerger de façon complète et absolue dans le monde de cette jeune fille.</p>
<p>De même, bien que la musique soit significative, il est quelque peu choquant qu’une pièce écrite par un dramaturge français pour un théâtre québécois ne contienne que des chansons anglaises. Ce choix curieux de n’intégrer que des chansons anglophones risque d’enlever un niveau de compréhension aux gens qui comprennent peu l’anglais, sans compter qu’il devait sûrement y avoir des chansons francophones pouvant exprimer les mêmes sentiments!</p>
<p>En découdre est une pièce expérimentale qui ne laisse pas à l’auditoire le temps de s’ennuyer. Mais, il est tout de même heureux qu’elle ne dure qu’une heure. Vive, elle déposera dans l’esprit des spectateurs des images et des sentiments indélébiles.</p>
<p>En découdre <em>joue au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 19 mai 2011.</em></p>
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		<title>My Funny Valentine</title>
		<link>http://roverarts.com/2011/04/my-funny-valentine/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 04:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal event]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[Pierrette Robitaille]]></category>
		<category><![CDATA[Shirley Valentine]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>

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		<description><![CDATA[Il suffit de voir le succès de tous les livres d’épanouissement personnel, de spiritualité et de pensée magique comme Le secret, Le Manuel inédit de la vie ou même L’Art du bonheur pour comprendre que plusieurs personnes ne sont pas heureuses et souhaitent changer leur vie. Shirley Bradshaw (née Valentine) — personnage éponyme de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/04/my-funny-valentine/" title="Permanent link to My Funny Valentine"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/04/shirley-192x192.jpg" width="260" height="260" alt="The Rover: Theatre: Shirley Valentine" /></a>
</p><p>Il suffit de voir le succès de tous les livres d’épanouissement personnel, de spiritualité et de pensée magique comme <em>Le secret, Le Manuel inédit de la vie</em> ou même L’Art du bonheur pour comprendre que plusieurs personnes ne sont pas heureuses et souhaitent changer leur vie. <span id="more-8356"></span></p>
<p>Shirley Bradshaw (née Valentine) — personnage éponyme de la dernière pièce du Théâtre Jean-Duceppe — ne fait pas exception.</p>
<p>Shirley Bradshaw (Pierrette Robitaille) est une femme au foyer de la fin quarantaine vivant à Liverpool avec un mari qui ne communique qu’en criant, lorsqu’il prend la peine de lui parle. En fait, la communication est tellement mauvaise, qu’elle a de grandes conversations quotidiennes avec son mur.</p>
<p>Quand sa meilleure amie Jane lui offre un billet pour l’accompagner en Grèce pendant deux semaines, Shirley voit enfin l’occasion de surmonter sa peur, de fuir la routine (de la viande hachée tous les jeudis ou gare à elle!) et de reconnecter avec Shirley Valentine, la jeune fille qu’elle était jadis : courageuse, forte, rebelle.</p>
<p>Pièce écrite par le dramaturge anglais Willy Russell, <em>Shirley Valentine</em> est une pièce à la fois drôle et touchante que Pierrette Robitaille (la seule personne sur scène pour tout le spectacle) porte sur des épaules solides. Il est toujours impressionnant de voir une seule personne soutenir sans fléchir une pièce de théâtre entière tout en captivant l’attention du public. Jamais elle ne faillit et jamais ne nous ennuyons-nous.</p>
<p>Robitaille est si crédible qu’il est impossible de ne pas compatir à la tristesse et à la solitude de Shirley Valentine. S’adressant au public par le biais du mur auquel elle parle, elle est tellement engageante — représentant la bonne amie qui n’est pas bien dans sa peau — que certaines personnes du public lui répondent sans hésiter lorsqu’elle pose des questions audit mur.</p>
<p>Robitaille est peut-être la seule actrice sur scène, mais la musique, les lumières et les décors jouent un rôle tout aussi important. Surtout les décors. Commençant dans une cuisine on ne peut plus ordinaire dans le premier acte — mais ô combien propice à un dynamisme et à une mise en scène assurée, la pièce se poursuit en Grèce, dans un décor de carte postale absolument génial.</p>
<p>Avec <em>Shirley Valentine</em>, le théâtre Jean-Duceppe finit sa saison en beauté, sur une plage grecque avec de l’eau miroitante. Un véritable plaisir du début à la fin, la pièce, mise en scène par Jacques Girard et traduite par Michel Dumont, est divertissante et peut-être même un peu inspirante. Nous n’avons pas besoin de livres d’épanouissement personnel quand nous avons Shirley Valentine comme copine.</p>
<p>Shirley Valentine <em>joue au <a href="http://www.laplacedesarts.com/pda-famille/1413/shirley-valentine-duceppe.fr.html%23details">théâtre Jean-Duceppe</a> jusqu’au 14 mai.</em></p>
<p><em>Mélanie Grondin est rédactrice, traductrice et réviseure. Elle a récemment traduit le livre</em> Eeyou Istchee : Terre des Cris, <em>de Louise Abbott et Niels Jensen.</em></p>
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		<title>Treading Water</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 04:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[BOOKS]]></category>
		<category><![CDATA[Ccompton]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal]]></category>
		<category><![CDATA[Novel]]></category>
		<category><![CDATA[Tide Road]]></category>

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		<description><![CDATA[Some books leave you satiated. Reluctant to finish, you feel replete and you hesitate to start a new book for fear that it will ruin the moment of near perfection just experienced. These books get a firm grip on you from the very first line and don’t let go until long after you’ve put it down. Unfortunately, Valerie Compton’s first novel Tide Road is not one of those novels.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/04/treading-water/" title="Permanent link to Treading Water"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/04/compton_tide-road.jpg" width="307" height="475" alt="The Rover: Books: Tide Road" /></a>
</p><p>Some books leave you satiated. Reluctant to finish, you feel replete and you hesitate to start a new book for fear that it will ruin the moment of near perfection just experienced. These books get a firm grip on you from the very first line and don’t let go until long after you’ve put it down. Unfortunately, Valerie Compton’s first novel Tide Road is not one of those novels.</p>
<p><span id="more-8107"></span></p>
<p>Stella has disappeared. Sonia, her mother, refusing to believe that her daughter might be dead — accidentally or otherwise — decides to look for her any way she can. By trying to understand Stella and the reasons why she would leave her husband and daughter behind, Sonia revisits her own life and what she has hidden from others as well as herself.</p>
<p>Tide Road is a novel about memory. The structure of the narrative superbly reflects the shiftiness of recollection. Like the tide that ebbs and flows, hiding clues at certain times of the day and revealing treasures at others, memory is the intangible agent that makes the plot move forward. Indeed, from the very first page, the tone of the book is set: readers are at a loss, they can’t tell — just as Sonia can’t — which memory is true. They are unable to make out the characters or the dramatic event that just occurred. A heavy fog has set in that gradually lifts as the memories become clearer.</p>
<p>With a perfect sense of timing, Compton paces the story and the unveiling of memories in a way that keeps readers interested. Her prose is delightful and evocative, especially Sonia’s appreciation of colours. Though a farmer’s wife in Prince Edward Island, Sonia had taken art classes in Montreal (where she grew up), and remained an artist at heart:</p>
<p>“The sand was bleached white, glittering, and the crowd a whirl of movement and colour. Cobalt jars of Nivea lay wherever they’d been tossed onto red-and-white-striped, ash grey blankets.</p>
<p>Sweating, open bottles lay everywhere. The sugary gold of ginger ale and the lovely underwater green of 7UP. Stubby brown beers half buried in the dry blood sand.”</p>
<p>Unfortunately, the slipperiness of the narrative, though brilliantly executed and an intriguing plot device, creates a certain elusiveness in the characters themselves. By bouncing back and forth from the present to various memories of Sonia’s past, the novel introduces several characters that, though important, never seem completely fleshed out. Granted, readers get to know them about as much as Sonia knows and understands them herself (which is often not very much), but this approach sadly produces characters — and a story — that do not stick to the memory.</p>
<p>While reading Tide Road, readers will appreciate the intricate details and artful clues of Compton’s story. Memories will drag them through the novel like the flow of the tide rushing onto the beach, but these memories will also ebb as soon as the book is back in the shelf.</p>
<p><em>Mélanie Grondin is a writer, editor and translator.</em><em> She is also the associate editor of the</em> Montreal Review of Books.</p>
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		<title>Les nouveaux habits d’Hamlet</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 04:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Hamlet]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Béland]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>
		<category><![CDATA[William Shakespeare]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment présenter une pièce archiconnue de l’incontournable William Shakespeare? Une pièce que les gens citent, même sans jamais avoir vu ou lu dudit Shakespeare. Comment présenter Hamlet — cet être torturé, tourmenté, guidé par sa conscience seule — qui foule actuellement les planches du Théâtre du Nouveau Monde? Raconter ou ne pas raconter? Raconter, car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/03/les-nouveaux-habits-d%e2%80%99hamlet/" title="Permanent link to Les nouveaux habits d’Hamlet"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/03/35_image.jpg" width="220" height="288" alt="The Rover: Theatre: Hamlet" /></a>
</p><p>Comment présenter une pièce archiconnue de l’incontournable William Shakespeare? Une pièce que les gens citent, même sans jamais avoir vu ou lu dudit Shakespeare. Comment présenter Hamlet — cet être torturé, tourmenté, guidé par sa conscience seule — qui foule actuellement les planches du Théâtre du Nouveau Monde? Raconter ou ne pas raconter?<span id="more-7938"></span></p>
<p>Raconter, car si les sons d’étonnement que j’ai entendus à la première mort — il s’agit d’une tragédie, n’oubliez pas — sont une quelconque indication, de nombreuses personnes ne connaissent pas l’histoire.</p>
<p>Hamlet (Benoît McGinnis) est prince de Danemark. Un soir, il voit le fantôme de son père qui lui dit qu’il a été assassiné par son propre frère, Claudius (Alain Zouvi) afin que ce dernier puisse devenir le roi du Danemark et épouser la reine Getrude (Marie-France Lambert). Le fantôme demande vengeance. Hamlet ne sait pas quoi faire : était-ce vraiment le fantôme de son père ou un démon? Disait-il la vérité? Doit-il, peut-il tuer Claudius?</p>
<p>Mise en scène par Marc Béland, cette pièce est d’une réussite totale. D’une part, le choix de demander à Jean Marc Dalpé de traduire le texte de Shakespeare de nouveau afin de le rendre plus moderne, plus accessible, plus près de notre réalité a été très astucieux. Cela dit, il ne s’agit pas d’un texte en joual où les termes utilisés sont anachroniques. Non, il s’agit d’un texte empreint de poésie et d’esprit qui ne cache pas la présence du barde, ce qui a pour effet de présenter un <em>Hamlet</em> (un peu plus court) d’une beauté accessible qui se défait de l’ennui que peut causer un texte parfois trop littéraire. En effet, bien que la pièce dure trois heures avec entracte, celle-ci ne semble pas longue ou même interminable. Béland a su créer un Hamlet moderne qui sait parler à l’auditoire.</p>
<p>Cette modernité, d’ailleurs, est aussi utilisée dans les décors et les costumes, car ce <em>Hamlet</em> se déroule maintenant et non dans un Danemark médiéval.</p>
<p>McGinnis (que l’on a vu l’année dernière dans <em>Excuse-moi</em> au Théâtre Jean-Duceppe) est extraordinaire et surprenant. Jouant avec brio un personnage difficile à jouer, il nous montre le prince Hamlet sous toutes ses coutures, sans pour autant dévoiler les points qui retiennent les différentes facettes du personnage. Il est fascinant à regarder, même lorsqu’il ne parle pas. De même, Émilie Bibeau, qui interprète Ophélie, excelle lorsque celle-ci perd l’esprit.</p>
<p>La scène du fossoyeur, toujours intéressante, est particulièrement réussie ici, car Dalpé et Béland ont choisi de donner au fossoyeur un français québécois joual qui renforce l’aspect terre-à-terre de la scène.</p>
<p>Hormis la musique qui surprend et détonne parfois un peu, tout de cette pièce est réussi : les acteurs sont solides, la mise en scène est assurée, le texte est fluide et les décors minimalistes sont efficaces.</p>
<p>Il y a peut-être quelque chose de pourri au royaume du Danemark, mais cette présentation est éblouissante.</p>
<p>Hamlet <em>joue au <a href="http://tnm.qc.ca/">Théâtre du Nouveau Monde</a> jusqu’au 6 avril</em>.</p>
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		<title>En aucun point déficient</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Mar 2011 05:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Elling]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Jodoin]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean-Duceppe]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien souvent, un sujet sérieux — voire tragique — est beaucoup plus touchant lorsqu’il est traité de manière comique. Il suffit de penser aux pièces récentes telles que Bolsheviki de David Fennario, Excuse-moi de Serge Boucher ou encore la toute dernière pièce du Théâtre Jean-Duceppe, Elling d’Axel Hellstenius et Petter Naess. Elling (Guy Jodoin) est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/03/en-aucun-point-deficient/" title="Permanent link to En aucun point déficient"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/03/a6891.jpg" width="270" height="221" alt="The Rover: Theatre: Guy Jodoin et Stéphane Bellavance" /></a>
</p><p>Bien souvent, un sujet sérieux — voire tragique — est beaucoup plus touchant lorsqu’il est traité de manière comique. Il suffit de penser aux pièces récentes telles que <em>Bolsheviki</em> de David Fennario, <em>Excuse-moi</em> de Serge Boucher ou encore la toute dernière pièce du Théâtre Jean-Duceppe, <em>Elling</em> d’Axel Hellstenius et Petter Naess.<span id="more-7855"></span></p>
<p>Elling (Guy Jodoin) est un fils à maman hypersensible qui, à la mort de sa mère, se retrouve dans un asile d’aliénés parce que, surprotégé pendant 40 ans, il ne sait pas vivre en société. Il y rencontre Eric Bjarne (Stéphane Bellavane), un gros nounours, qui ne pense qu’au sexe et à la nourriture.</p>
<p>Le temps passe et les deux compères ont la chance de prouver au gouvernement norvégien qu’ils peuvent être indépendants. Ils acquièrent un appartement, un travailleur social (Gabriel Sabourin), une voisine (Mireille Deyglun) ainsi que l’obligation de sortir et de faire partie de la société.</p>
<p>Originalement un film norvégien écrit par Axel Hellstenius et réalisé par le Petter Naess, <em>Elling</em> a été adapté pour le théâtre par Simon Bent. C’est cette adaptation, traduite par Michel Dumont et mise en scène par Monique Duceppe, que nous présente avec brio le Théâtre Jean-Duceppe.</p>
<p>Les décors de Marcel Dauphinais sont d’une flexibilité ingénieuse pour montrer les différentes sphères dans lesquelles bougent Elling et Eric Bjarne. La mise en scène de Monique Duceppe, quant à elle, garde les deux compagnons près du public, leur permettant d’entrer dans nos coeurs.</p>
<p>En effet, le public partage sans peine la variété d’émotions ressenties par les personnages : la peur, la méfiance, l’amitié l’amour, la jalousie. Et ce sont ces émotions, jouées par des acteurs hors pair (à quel point peut-on feindre un visage rouge de colère?) avec un sens de la comédie indéniable qui rendent Elling une pièce incontournable.</p>
<p>D’une écriture sensible, <em>Elling</em> nous offre des personnages attachants et difficiles à oublier qui changent nos vies, ne serait-ce qu’un tout petit peu.</p>
<p>Elling <em>joue au <a href="http://www.duceppe.com/pieces/piece.asp?IDordre=4">Théâtre Jean-Duceppe</a> jusqu’au 26 mars.</em></p>
<p><em>Photo: François Brunelle</em></p>
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		<title>D’une beauté éphémère</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Jan 2011 05:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Grondin</dc:creator>
				<category><![CDATA[THEATRE]]></category>
		<category><![CDATA[Bénédicte Décary]]></category>
		<category><![CDATA[François Papineau]]></category>
		<category><![CDATA[La Belle et la Bête]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal theatre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Nouveau Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Bien des gens parlent de la « magie du théâtre », mais bien peu de troupes utilisent celle-ci au sens strict du mot. Puis, entre en scène le Théâtre du Nouveau Monde et son adaptation du conte La Belle et la Bête. La Belle (Bénédicte Décary) est une jeune artiste marginale et révoltée souffrant de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="post_image_link" href="http://roverarts.com/2011/01/d%e2%80%99une-beaute-ephemere/" title="Permanent link to D’une beauté éphémère"><img class="post_image alignleft remove_bottom_margin frame" src="http://roverarts.com/wp-content/uploads/2011/01/la-belle-nouveau-monde.jpg" width="270" height="220" alt="The Rover: Theatre: La Belle et la Bête" /></a>
</p><p>Bien des gens parlent de la « magie du théâtre », mais bien peu de troupes utilisent celle-ci au sens strict du mot. Puis, entre en scène le Théâtre du Nouveau Monde et son adaptation du conte <em>La Belle et la Bête</em>.<span id="more-7471"></span></p>
<p>La Belle (Bénédicte Décary) est une jeune artiste marginale et révoltée souffrant de la mort subite de sa mère et de l’absence de son père. Prête à peindre cette souffrance sous tous ses angles, elle est attirée par la laideur, voyant la beauté dans tout, sauf en elle-même. La Bête (François Papineau) — blessé par une gigantesque peine d’amour vieille de 3000 ans — s’est retiré du monde, vivant dans un énorme manoir sombre où les statues bougent tels des démons omniprésents. Entre eux, il y a la Dame (Andrée Lachapelle), une femme dont la bonté ou la méchanceté est ambiguë, qui tente coûte que coûte de les séparer.</p>
<p>Encore plus présentes que les acteurs sont les images virtuelles — vivantes et incroyables — créées par Michel Lemieux et Victor Pilon de Lemieux Pilon 4D ART. Leurs créations interagissent avec les acteurs et l’effet est plutôt réussi. Aussi responsables de la mise en scène, Lemieux et Pilon remplissent la scène de merveilles qui changent d’une fluidité sans pareil. Des images de chevaux blancs courant sur scène, de démons cauchemardesques, de salons magnifiques et de jardins abandonnés pleins de vignes poussant sur les murs du TNM donnent véritablement une quatrième dimension à cette pièce qui, parfois, n’en a que deux.</p>
<p>Adaptée par Pierre Yves Lemieux, la pièce se veut une vision à la fois moderne et universelle du thème de la beauté et de la difficulté de se donner aveuglément, de s’abandonner à l’autre. Malheureusement, il est difficile de se défaire de l’impression que la pièce reste superficielle, laissant la Dame expliquer l’évolution du temps et des émotions qu’on ne sentirait que très peu si ce n’était de l’incomparable François Papineau qui porte les sentiments de la Bête à fleur de peau. Ces personnages dignes des contes de fées dont ils sont tirés sont bidimensionnels, avec un passé minime et un faible sens de soi. En fait, l’on en apprend plus sur les personnages et leur passé, leur emploi du temps même, en lisant le synopsis offert par l’emporte-pièce du TNM.</p>
<p>Malgré tout, Andrée Lachapelle est convaincante en tant que bonne fée méchante qui demande au public, et ce, en toute sincérité, qui elle est dans cette histoire, et François Papineau est une bête crédible que l’on voudrait bien apprivoiser. Le texte, quant à lui, est parfois d’une poésie saisissante.</p>
<p>D’une beauté visuelle envoûtante, La Belle et la Bête perce de nouvelles frontières théâtrales, bien que le niveau d’engagement du public est peut-être aussi intangible que les créatures virtuelles qui jouent sur scène.</p>
<p>La Belle et la Bête <em>joue au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 19 février.</em></p>
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