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“This,” she says, tugging at the ensemble, “is a dress that, to me, looks like Florida threw up on it.”

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Les bourgeois, c’est comme les cochons (bis)

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by Mélanie Grondin


Décidément, on se paye la tête des bourgeois ces jours-ci. Autant Le Dindon, de Feydeau, qui joue actuellement au Théâtre du Nouveau Monde, est un petit vaudeville gentil où la sexualité est plus verbale que visuelle, autant La noce, de Bertolt Brecht, est une satire des plus dévergondées. Peut-être trop, même.

Un jeune couple (Stéphanie Cardi et Frédéric Lavallée) vient de se marier et reçoit parents et amis pour célébrer la noce. Tous les meubles sont fabriqués avec soin par le marié qui en est très fier. Le souper commence dans la joie, mais plus il progresse, plus les quatre vérités de chaque personnage ressortent sans retenue — mais alors, vraiment sans retenue — et la soirée dégringole tout comme les meubles du marié.

La noce est l’une des premières pièces de Brecht et elle transpire sa jeunesse (il avait 21 ans à l’époque) et son anarchisme qui veut tout détruire sans exception. Mise en scène par Gregory Hlady qui, visiblement, aime bien tout détruire lui aussi, La noce commence trop bruyamment pour que le crescendo final ait un effet quelconque. Il est impossible de voir évoluer la pièce, les personnages et la décadence quand, dès le début, les personnages nous en mettent plein la vue et que les connotations sexuelles (pas subtiles du tout) sont lancées à qui mieux mieux. Comment faire un crescendo à une pièce qui commence déjà trop fortement? En parlant d’autant plus fort et en parlant plus vite, évidemment. Tant et si bien que certains dialogues importants qui ont lieu vers la fin de la pièce sont mutilés et énoncés de manière quasi inintelligible.

Le jeu des acteurs est tellement exagéré, comme s’ils veulent s’assurer que l’auditoire comprend bien qu’il s’agit de décadence, qu’il sonne complètement faux. Par moment, j’avais l’impression d’assister à une pièce d’école plutôt qu’à une pièce jouée par des acteurs chevronnés (Paul Ahmarani, Alex Bisping, Diane Ouimet).

La noce est une pièce franchement décousue, présentée en fragments qui se répètent trois, quatre fois à l’occasion, comme si les personnages et l’auditoire étaient pris dans un huis clos où les soupers de famille sont toujours les mêmes. Oui, la pièce fait rire, mais le désir de Hlady de choquer à tout prix la rend parfois infantile. Était-il vraiment nécessaire de demander à un acteur d’utiliser un coussin de farces et attrapes (« whoopie cushion ») alors qu’il est aux toilettes?

La pièce est peut-être toujours pertinente, si « la fragmentation, l’incertitude, le danger, l’angoisse qui émanent de La noce sont des caractéristiques de notre époque », comme l’explique Hlady, mais elle aurait gagné à être plus subtile. Cette incertitude, cette angoisse n’ont jamais émané de La noce de Hlady, et je ne me suis certainement pas sentie concernée.

La noce joue au Théâtre Prospero jusqu’au 11 février 2011.

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