Bien souvent, un sujet sérieux — voire tragique — est beaucoup plus touchant lorsqu’il est traité de manière comique. Il suffit de penser aux pièces récentes telles que Bolsheviki de David Fennario, Excuse-moi de Serge Boucher ou encore la toute dernière pièce du Théâtre Jean-Duceppe, Elling d’Axel Hellstenius et Petter Naess.
Elling (Guy Jodoin) est un fils à maman hypersensible qui, à la mort de sa mère, se retrouve dans un asile d’aliénés parce que, surprotégé pendant 40 ans, il ne sait pas vivre en société. Il y rencontre Eric Bjarne (Stéphane Bellavane), un gros nounours, qui ne pense qu’au sexe et à la nourriture.
Le temps passe et les deux compères ont la chance de prouver au gouvernement norvégien qu’ils peuvent être indépendants. Ils acquièrent un appartement, un travailleur social (Gabriel Sabourin), une voisine (Mireille Deyglun) ainsi que l’obligation de sortir et de faire partie de la société.
Originalement un film norvégien écrit par Axel Hellstenius et réalisé par le Petter Naess, Elling a été adapté pour le théâtre par Simon Bent. C’est cette adaptation, traduite par Michel Dumont et mise en scène par Monique Duceppe, que nous présente avec brio le Théâtre Jean-Duceppe.
Les décors de Marcel Dauphinais sont d’une flexibilité ingénieuse pour montrer les différentes sphères dans lesquelles bougent Elling et Eric Bjarne. La mise en scène de Monique Duceppe, quant à elle, garde les deux compagnons près du public, leur permettant d’entrer dans nos coeurs.
En effet, le public partage sans peine la variété d’émotions ressenties par les personnages : la peur, la méfiance, l’amitié l’amour, la jalousie. Et ce sont ces émotions, jouées par des acteurs hors pair (à quel point peut-on feindre un visage rouge de colère?) avec un sens de la comédie indéniable qui rendent Elling une pièce incontournable.
D’une écriture sensible, Elling nous offre des personnages attachants et difficiles à oublier qui changent nos vies, ne serait-ce qu’un tout petit peu.
Elling joue au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 26 mars.
Photo: François Brunelle











{ 1 comment… read it below or add one }
Trés belle pièce, je la recommande vivement