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It is worth braving a cold February night just to watch him prance around wearing and not wearing the absent Tom’s clothing.

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Don't know where you were sitting, but there were lots of laughs.

Le silence est d’or

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by Mélanie Grondin


Combien de despotes sont devenus dictateurs grâce à leur charisme? Seraient-ils devenus des chefs aussi puissants sans leur habileté à charmer les foules, à les influencer et à les commander? Sans leur aptitude à se faire aimer — du moins, au début?

Christopher Stevenson (Gabriel Sabourin) est un acteur britannique vivant à Paris avec sa femme enceinte et son père. Champion d’échec, il se fait approcher par deux individus qui lui donnent comme mission (non optionnelle) de se rendre sur l’île d’Elbe sous le nom de Lieutenant Atwood et d’empoisonner Napoléon (Benoît Brière) qui y vit en exil. Atwood s’y rend, joue aux échecs avec l’Empereur et glisse de petites doses d’arsenic dans son vin lorsque ce dernier tourne le dos. Atwood est vite charmé par le petit général corse et le doute l’assaille : Napoléon est-il vraiment un tyran qui mérite d’être assassiné?

Écrite et mise en scène par Stéphane Brulotte avec l’assistance de Dominic Champagne, Une partie avec l’Empereur est la dernière pièce de la saison québécoise du théâtre Jean-Duceppe. Attendue avec impatience dès le début de la saison, la pièce ne comble pas les attentes, sauf en ce qui concerne le jeu de Benoît Brière. En effet, sa prestation en tant que Napoléon ne déçoit pas, particulièrement lorsque le personnage fait volte-face, passant d’un type sympathique qui captive même l’amour du public à un dictateur cruel qu’on ne peut que haïr. La gamme d’émotions vécue par l’assistance lorsqu’elle passe de l’amour à la haine est stupéfiante, mais les émotions s’arrêtent là.

Si de bons acteurs parlent avec leur corps autant — sinon plus — qu’avec leur bouche, les acteurs d’Une partie avec l’Empereur bougent très peu. Peut-être est-ce le texte qui les immobilise, qui ne leur laisse pas la place pour bouger, car, en effet, le texte est trop présent. Tout est expliqué : les états d’âme, l’action qui vient de se produire, les conséquences, tout. Rien n’est laissé à la découverte ou à la subtilité. Par exemple, à la fin d’une scène où Atwood découvre que la fiole d’arsenic qui se trouvait dans son veston a disparu, il s’écrit que son rêve devint alors in cauchemar. De tels détails narratifs sont superflus et évidents. Ils gardent la pièce superficielle. Ainsi, les acteurs — qui sont normalement hors pair — restent bidimensionnels dans leur incapacité à s’exprimer hors d’un texte handicapant.

De même, la musique de Michel Smith agit comme indicateur, désignant qu’ici le public doit être touché et là, angoissé, plutôt que comme amplificateur d’émotions que le public devrait déjà sentir, mais qu’il ne sent pas.

Présentée en collaboration avec le Théâtre il va sans dire, Une partie avec l’Empereur est une pièce prévisible dont les meilleures scènes comprennent des moments drôles servant à accentuer le charisme de l’Empereur.

Une partie avec l’Empereur joue au Théatre Jean-Duceppe jusqu’au 22 mai 2010.

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