Hope and the Apocalypse

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by Neil Smith


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Nicolas Dickner is French Canada’s most promising novelist. His first novel, the bestselling Nikolski (2005), earned him a slew of awards. The English edition is competing in Canada Reads this year. Here he talks about his second novel, Tarmac, which was released last year.

NS: Tarmac is about a teenage whiz kid who foresees the end of the world. The girl’s name, though, is Hope. How did you balance the need for hope and the fear of the apocalypse in your book?

ND: Cet équilibre repose sur une légèreté vaguement humoristique, qui sert tour à tour la désinvolture névrotique de Hope et la nécessité pour Mickey de désamorcer son anxiété. Il m’a semblé très important de conserver cet équilibre dès le tout début de l’écriture : je ne voulais ni me joindre à l’alarmisme ambiant, ni faire de la satire, mais flotter entre les deux.

NS: The end of the world never happens. But neither does the expected love affair between the sweet narrator Mickey and the troubled Hope. Were you drawing parallels here?

ND: Oui, certainement. Toutefois, le synopsis initial du roman ne racontait pas une relation amoureuse, mais une relation paternelle. Ma fille venait à peine de naître, et je me demandais comment ma génération pouvait réconcilier ses obsessions apocalyptiques avec la reproduction. Comment envisager simultanément la fin du monde et la suite du monde ? Puisque je crains l’autobiographie, j’ai finalement transposé la question dans une relation amoureuse – ainsi que dans la mystérieuse stérilité de Hope.

NS: Hope eventually leaves her safe suburban bunker in Rivière-du-Loup and begins a wild goose chase that takes her to Manhattan, Seattle and Tokyo in search of a prophet. How does the tone of the book change at this point?

ND: Il est vrai que la première partie du récit sert à mettre en place un cadre – essentiellement, la culture du bungalow et l’ambiance de la Guerre froide. Les événements s’accélèrent lorsque Hope s’écarte de ce cadre, part en quête. Le récit d’époque devient alors un récit d’aventure.

On pourrait chercher une explication savante à ce brusque changement de modalité – mais au fond, il s’agit surtout d’une astuce narrative qui permet de dynamiser les deux questions abstraites qui alimentent cette partie du récit : « quelle est la différence entre l’apocalypse Made in USA et l’eschatologie japonaise ? » et « comment l’histoire personnelle d’un personnage change-t-elle sa vision de la fin du monde ? »

NS: Do you think that the pessimists heralding the world’s end derive enjoyment out of their scaremongering?

ND: L’eschatologie contemporaine est complexe : elle se compose de plusieurs types de fins du monde, de plusieurs types de réactions – aussi s’avère-t-il difficile de généraliser. Il semble cependant qu’une frange importante de l’auditoire tire un plaisir certain des  récits apocalyptiques, comme en témoigne le box office plusieurs fois par année.

Sans doute cela repose-t-il en grande partie sur une sorte de bovarysme à la Mad Max : face à un récit apocalyptique, nous nous imaginons d’abord dans le rôle du survivant – et la survie nous est généralement présentée comme le fruit de la vertu ou de la supériorité, rarement de la simple chance. (Inutile de préciser, en outre, que le spectateur ne s’entrevoit jamais dans le rôle d’un cadavre.)

NS: The novel is written in 97 very short chapters, some only a few pages long. Why did you opt for this approach?

ND: Ce découpage se voulait à l’origine une citation de Cat’s Cradle, le célèbre roman apocalyptique de Kurt Vonnegut, qui comporte 127 courts chapitres (certains se résument à quelques lignes).

Mais au-delà de ce simple clin d’œil, je crois que nous assistons à une tendance vers la fragmentation des textes, sans doute imputable à la place grandissante (sinon prédominante) du Web dans nos vies. Depuis une dizaine d’années, la lecture à l’écran nous a habitués à lire des blocs de textes de plus en plus fractionnés – que ce soit à l’échelle de la section, du paragraphe ou de la phrase. Dans certains cas extrêmes, chaque paragraphe correspond à une phrase.

Je ne saurais dire avec certitude s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose – mais il m’apparaît cependant inévitable que l’écriture littéraire se laisse influencer par ces nouvelles habitudes de lecture.

Neil Smith is the author of the book of stories Bang Crunch. He’s now working on a novel about a heaven where atheists go when they die.

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