Noblesse amuse

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by Mélanie Grondin


Pour ceux qui s’ennuient du Festival Juste pour rire, deux occasions de première qualité sont offertes pour se dilater la rate : Le Bourgeois gentilhomme de Molière, mis en scène par l’incomparable Benoît Brière, et La Princesse Turandot, une adaptation libre de la pièce de Carlo Gozzi et de l’opéra de Puccini par Hugo Bélanger.

Dans Le Bourgeois gentilhomme, M. Jourdain (Guy Jodoin) est un bourgeois, un marchant de draps prospère, qui veut devenir noble au point de s’en rendre ridicule. Naïf et convaincu qu’il se porte comme un gentilhomme, M. Jourdain fait des pieds et des mains pour impressionner les nobles qu’il côtoie et qui l’abusent.

Cette comédie-ballet, sans doute la pièce la plus connue de Molière, est jouée avec un plaisir indéniable par des comédiens dont les talents ne font plus aucun doute : Sylvie Léonard dans le rôle de la Marquise que M. Jourdain veut pour amante; Denis Mercier, Monique Spaziani, Alain Zouvi et plusieurs autres. De plus, la mise en scène de Benoît Brière, qui a lui-même joué M. Jourdain lors d’une présentation du Bourgeois gentilhomme dans le cadre du Festival Juste pour rire en 1995, ne laisse rien à redire. On voit bien sa touche dans toutes les mimiques des personnages, dans toutes les scènes, particulièrement la scène turque où M. Jourdain se voit octroyé le titre de « Mamamouchi », la plus haute noblesse turque, selon ceux qui veulent le berner. Toujours aussi populaire qu’en 1670, la pièce est à voir absolument.

En même temps, à la salle Denise-Pelletier, Hugo Bélanger du Théâtre Tout à Trac a adapté et mis en scène La Princesse Turandot, une pièce à la fois dramatique et comique qui retourne aux sources du conte. Vide de message particulier, la pièce raconte simplement l’histoire de la princesse Turandot (Maude Desrosiers), princesse chinoise d’une beauté bouleversante, dont tous les hommes tombent amoureux. Or, la princesse ne veut pas se marier de peur de devenir l’esclave de son mari. Elle décrète donc que quiconque veut la marier doit résoudre trois énigmes. Au lever du rideau, quatre-vingt-dix-neuf princes ont déjà échoué.

La Princesse Turandot offre au spectateur une combinaison magique du théâtre oriental et occidental. Le centième prince à tenter l’impossible (Martin Vachon), héros du conte, et quatre autres personnages viennent d’Italie et ces derniers jouent une commedia dell’arte réjouissante. Même le Nessun Dorma de Puccini, chanté par Tartaglia (Carl Poliquin) et Truffaldino (Eloi Cousineau), tourne en comédie. Combiné à cette commedia dell’arte occidentale est le théâtre oriental : les ombres chinoises et l’opéra chinois où les comédiens bougent en dansant et en faisant d’amples pantomimes. De l’arlequin qui amuse le public avant le début de la pièce aux instruments de musique chinois qui donnent le ton au jeu des comédiens en passant par l’éclairage éloquent, tout capte l’imaginaire et l’attention des spectateurs.

Ces deux pièces sauront divertir toute la famille et introduire les plus jeunes à la magie du théâtre. Comme dirait sans aucun doute M. Jourdain : « Tous les gens de qualité y vont. »

La princesse Turandot joue à la salle Denise-Pelletier jusqu’au 17 février 2010. Le Bourgeois gentilhomme joue au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 13 février. Un spectacle-bénéfice pour la Fondation CHU Sainte-Justine sera présenté au grand public le 30 janvier à 11 h.
Photo : Marc-Antoine Duhaime

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