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Don't know where you were sitting, but there were lots of laughs.

Une poussière de rires

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by Mélanie Grondin


Le rire est à l’âme ce que le ménage du printemps est à la maison : il fait le vide et il satisfait énormément. Dans une pièce qui n’a pourtant rien d’une comédie classique, le rire — le rire incongru, le rire qui fait pleurer même — prend une grande place. Une place qui fait du bien.

Les parents de Mathilda (Émilie Bibeau) étaient les deux personnes les plus drôles au Brésil. Orpheline, Mathilda déménage aux États-Unis et devient femme de ménage chez Lane (Monique Spaziani) et Charles (Michel Laperrière ou Denis Roy). Elle veut inventer la blague parfaite afin de devenir humoriste. Mais Mathilda déteste faire le ménage, ce qui la rend triste et incapable d’inventer de blagues. La sœur de Lane, Virginia (Hélène Mercier), adore faire le ménage de façon maladive et puisque sa maison est propre à 15 h 12 et qu’elle n’a rien d’autre à faire, elle propose à Mathilda de faire le ménage chez Lane à sa place.

Tout va bien jusqu’à ce que Charles rencontre son âme sœur et quitte Lane. C’est là que le vrai ménage s’accomplit.

C’est dans le cadre de son cycle états-unien — cycle qui veut présenter des dramaturges américains contemporains — que Luce Pelletier, directrice artistique du Théâtre de l’Opsis, présente Une maison propre. Écrite par Sarah Ruhl et finaliste du prix Pulitzer en 2005, la pièce montre la famille américaine reconstituée, à travers les yeux d’une étrangère, sous tout son humour et son drame.

Le texte, traduit par Fanny Britt, offre un équilibre parfait entre l’humour et le drame. Comment ne pas sentir la douleur de Virginia qui ne sait quoi faire de sa peau, mais, aussi, comment ne pas rire de ses efforts exagérés à paraître heureuse? La solitude de chaque personnage qui essaie d’entrer en contact avec l’autre est poignante tout en étant présentée de façon hilarante.

La mise en scène de Martin Faucher est fantastique. En effet, le rythme de la pièce a le « timing » exact d’une blague parfaite et l’utilisation de l’avant et de l’arrière-scène est autant efficace que compétente. Les comédiens quant à eux (particulièrement les quatre comédiennes) offrent une prestation dynamique. Quoique Lane et Virginia puissent sembler caricaturées au début, leur personnage ne sonne pas plus faux que les personnes autour de nous qui ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes. C’est seulement après avoir fait le ménage qu’elles deviennent vraies aux yeux de tous.

Un petit joyau caché au fond d’une salle minuscule d’une Place des Arts qui se fait une peau neuve (et qui aura besoin d’un sérieux ménage), Une maison propre est une pièce à découvrir. De même, Sarah Ruhl est une nouvelle dramaturge à observer.

Une maison propre joue à la Cinquième Salle de la Place des Arts jusqu’au 19 décembre 2009.

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