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Don't know where you were sitting, but there were lots of laughs.

Plus ça change…

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by Mélanie Grondin


Comment auriez-vous réagi, en 1959, si vous aviez appris que votre enfant était homosexuel? L’auriez-vous injurié, lui auriez-vous tourné le dos ou l’auriez-vous soutenu à votre corps défendant? En maintenant, maintenant que le mariage gai est légal et que les couples homosexuels peuvent adopter un enfant, comment réagiriez-vous?

Manu (Gabriel Lessard) et Jean-Marc (Olivier Morin) sont des adolescents de 16 ans éperdument amoureux l’un de l’autre. Mais Jean-Marc vit en 1959 alors que Manu vit en 2009. Confronté par l’aumônier de son école secondaire qui aimerait bien sortir le fouet (Roger La Rue), Jean-Marc, un adolescent brillant et argumentateur, nie son homosexualité allant même jusqu’à suggérer que s’il commettait des actions homosexuelles dorénavant ce serait la faute de l’aumônier qui lui aurait mis des idées dans la tête. De son côté, Manu rencontre un psychiatre (Gabriel Sabourin) qui cherche à le soutenir dans sa démarche vers son affirmation gaie. Jean-Marc garde son secret, assurant ses parents (Maude Guérin et Normand D’Amour) que tout va bien, mais Manu « craque » rapidement, déclarant son homosexualité à sa mère (Linda Sorgini) qui, bien qu’elle se dise ouverte (après tout elle a plusieurs amis gais qui sont très sympathiques), reste paralysée devant la déclaration de son fils.

S’ensuit le déchirement des deux garçons qui ne savent pas comment gérer leur homosexualité, leur relation amoureuse et la réaction de leurs parents.

Les deux mondes de Fragments de mensonges inutiles, création de l’incontournable Michel Tremblay, se jouent sur scène de façon simultanée, démontrant à quel point plus les choses changent, plus elles restent pareilles. La famille de 1959, tout de noir vêtue, reste du côté jardin devant un mur blanc arborant un crucifix. La famille de 2009, quant à elle, est habillée de blanc et demeure du côté cour, devant un mur noir. Seuls les deux adolescents se rencontrent au milieu et interagissent. Les autres personnages restent de leur côté bien qu’ils aient tant de choses en commun.

Les décors et costumes sont noirs ou blanc, démontrant la dichotomie des familles et des ères qui sont complètement à l’opposé les unes des autres. D’un côté, il y a la religion, les accusations et le respect des autorités religieuses et parentales et de l’autre, il y a les parents qui se font appeler par leur prénom, les hommes roses, Jeannette Bertrand. La fermeture et l’ouverture extrêmes se font face et au centre il y a des adolescents qui cherchent à comprendre, à s’aimer.

Autant les décors et les mondes dépeints dans la pièce sont sans nuances, autant le jeu des acteurs est touchant et désarmant tellement les personnages sont vrais et reconnaissables. D’après les réactions des spectateurs, grand nombre de personnes ont su reconnaître son père en la personne de Gabriel ou de Louis. De plus, l’écriture de Michel Tremblay est nuancée, équilibrant parfaitement la tragédie et la comédie.

Bien que l’homosexualité soit beaucoup plus acceptée maintenant qu’il y a cinquante ans, la lutte et la confusion des jeunes homosexuels demeurent et une sensibilisation reste nécessaire. Fragments de mensonges inutiles est une pièce qui fait réfléchir et qui prête à la discussion. Comment réagiriez-vous, vous?

Fragments de mensonges inutiles, Théâtre Jean-Duceppe, jusqu’ au 17 octobre. 514-842-2112.

Photo credit: François Brunelle

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