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Writing non-fiction’s a bitch – a truth not universally acknowledged.

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What an interestingly inviting read on this mind muddled morning. Thanks! Coffee, Please?

La seule solitude qui compte

by Mélanie Grondin


Peut-on toujours parler de deux solitudes quand les deux langues et les deux cultures s’entremêlent complètement dans une seule pièce? Quand on entend autant d’anglais que de français dans le foyer, avant la pièce? Ou quand une pièce francophone contient de façon continue des références à la culture anglophone, comme des extraits de The Sound of Music chantés en anglais, et tous les spectateurs comprennent?

Peut-on toujours parler de deux solitudes quand la seule solitude qui compte est celle d’Ellie qui ne connaît pas ses origines?

Ellie (Martine-Marie Lalande) a été adoptée. Elle le sait depuis qu’elle est toute petite et pose d’inlassables questions à sa mère adoptive (Dominique Leduc) pour tenter de découvrir l’identité de sa mère naturelle (Mathilde Monnard) qui, dans la pièce, n’est qu’une projection de l’imaginaire d’Ellie. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte, Ellie redouble d’efforts pour trouver sa mère naturelle — pour elle-même, mais aussi pour l’enfant qu’elle a choisi de garder même si elle est célibataire.

Le sujet pourrait être lourd, mais l’imagination, ou le « ça », d’Ellie, personnifiée par Nathalie Claude, et la fonctionnaire responsable du dossier d’Ellie, Babs Dubois (Felicia Shulman) remplissent la pièce de tant d’humour que la lutte d’Ellie avec le système judiciaire du Québec en ce qui concerne la confidentialité de l’identité d’une mère naturelle devient quichottique et poignante.

Maryse Warda a traduit la pièce d’Elyse Gasco avec brio. On oublie que la pièce a été écrite en anglais tellement son contexte montréalais/québecois est sans frontière linguistique, et cette absence de frontières est soulignée brillamment par le franglais hilarant de la fonctionnaire Babs Dubois.

Mise en scène par Clare Schapiro (qui a aussi fait la mise en scène de Bye Bye Baby en anglais en 2004), la pièce utilise des décors simples et efficaces qui font aussi bien usage de l’avant que de l’arrière-plan où l’arrière-plan — vu au travers des fenêtres ou des panneaux diaphanes — reflète surtout l’imagination d’Ellie.

Bye Bye Baby est une pièce de femmes, par des femmes et pour des femmes, même si l’homme idéal n’est présent de façon imaginaire qu’à la toute fin de la pièce. Les cinq actrices sont extraordinaires et chacune a une présence importante sur scène. Distillée jusqu’à la dernière goutte, Bye Bye Baby ne gaspille rien, ni les mots, ni les actrices. Sans point mort, la pièce file et ses quatre-vingt-dix minutes ne semblent qu’un instant.

Jusqu’au 28 mars, 2009 au Studio Hydro-Québec du Monument-National. 1182, boulevard Saint-Laurent, Montréal. Billeterie: 514-871-2224.

Photo de Nathalie Claude et Martine-Marie Lalande par Marjorie Guindon.

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